FICHE  TECHNIQUE

Espèce :

Porcin

Catégorie :

Qualité des viandes

Titre:

Caractérisation chimique des muscles de jambon frais et des jambons cuits pour une meilleure maîtrise de la transformation : influence de l'âge à l'abattage et de la classe de pH ultime

Mots clés:

porc jambon transformation Caractérisation chimique

Source(s):

ITP, CTSCCV

Auteur(s) :

B. MINVIELLE, 
Y. HOUIX, 
B. BOUTTEN, 
J. BOULARD

Travail :

CLOS

Date de fin des travaux

NOVEMBRE 2001

Programme :

OFIVAL 1999

Résumé :

CONTEXTE ET OBJECTIFS : 

La composition chimique du jambon frais reste figée dans la réglementation officielle depuis 1912, date de la mise en place de la première réglementation. Sous l'effet de la sélection et de l'amélioration des conditions d'élevage (hygiène, alimentation, etc ...), la composition corporelle des carcasses de porc a beaucoup évolué: il n'existe pratiquement plus d'animaux gras. On observe ainsi une progression constante de la teneur en viande maigre depuis la mise en place des machines à classer les carcasses dans les abattoirs,. Si depuis le début du siècle, la composition corporelle des porcs s'est beaucoup modifiée, on ne sait rien de l'évolution de la composition chimique des muscles. En, revanche, de très nombreuses études ont porté sur l'évolution de la composition chimique des tissus gras de couverture et des tissus internes (pourcentage d'eau, d'acides gras saturés et insaturés, etc ...). Actuellement, le tissus gras de couverture est plus riche en eau et le pourcentage d'eau peut varier du simple au double (de 8% à 22% selon les analyses réalisées en 1995); le pourcentage d'acides gras insaturés s'accroît également. On peut donc raisonnablement penser que la composition chimique du tissu maigre a évolué en protéines (N x 6,25), en phosphore (P205), sucres, azote non protéique, eau et collagène.

L'ITP est souvent sollicité par des responsables qualité de salaisons pour connaître la composition en sucre et phosphore des muscles des jambons. Parallèlement, on observe un développement de produits différenciés (porcs fermiers, labels, biologiques, produits certifiés) sans connaître la composition chimique des muscles.

La réglementation officielle est stricte dans la définition des critères analytiques des jambons cuits, mais la composition des muscles frais des jambons actuellement sur le marché n'est pas connue. Les entreprises de salaison ont des relations de plus en plus difficiles avec la DGCCRF, les services des douanes et parfois même avec les laboratoires d'analyses des centrales d'achat. Le pH et le rajeunissement de l'âge des porcs à l'abattage sont ainsi souvent évoqués pour tenter d'expliquer les variations de composition chimique des produits cuits.

Ainsi, la connaissance de la composition chimique de la matière première a paru importante. Elle devrait servir de base de références pour une entreprise de transformation lors de l'établissement de ses procédés de fabrication. Elle permettra également de clarifier les relations entre les partenaires de la filière, les différentes administrations et les centrales d'achats.

Par ailleurs, avec une fréquence d'apparition d'environ 17% sur les jambons au désossage, le défaut viandes déstructurées pose problème aux salaisonniers pour la fabrication de jambon cuit libre service. En effet, le défaut entraîne l'apparition de zones à faible cohésion se traduisant par des pertes importantes lors du tranchage mécanique à haute cadence. Le défaut touche essentiellement les jambons à pH ultime inférieur à 5,60, mais la fréquence d'apparition augmente avec la conformation des porcs (M2 fort, G2 faible) et le poids de carcasse. L'origine des viandes déstructurées n'étant toujours pas connue, il a paru opportun de vérifier si l'âge d'abattage des porcs, et notamment sont abaissement, peut être incriminé dans la fréquence d'apparition du défaut.

CONCLUSIONS :

Le protocole de l'étude devait permettre de déterminer la composition chimique de la matière première (jambons brut) et celle du produit fini (jambon cuit supérieur tranché), afin de pouvoir les comparer. Deux facteurs de variation de cette composition chimique étaient étudiés: l'âge à l'abattage des porcs, et la classe de pH ultime de la matière première. La différence de 30 jours d'âge à l'abattage a été obtenue par restriction alimentaire, tandis que les deux classes de pHu ont été constituées à l'abattoir par tri des jambons sur la valeur du pHu. Lors des deux répétitions à l'automne et au printemps, les porcs provenaient de deux élevages différents, mais ayant une génétique et un plan de rationnement identiques. L'abattage et la découpe ont eu lieu dans le même abattoir; la transformation des jambons bruts en jambons cuits supérieurs Label Rouge libre service ayant été réalisée chez le même salaisonnier.

Malgré un écart d'âge à l'abattage de 30 jours, les résultats zootechniques montrent qu'un poids de carcasse globalement similaire a pu être obtenu, et surtout que les porcs avaient des caractéristiques corporelles identiques (TVM et ses composantes), quels que soient l'élevage, la saison ou le plan de rationnement. Du fait de cette similitude de composition corporelle estimée, les comparaisons de composition chimique ont été possibles.

Les résultats de cette étude permettent de confirmer que les mesures du pH pris à 25 minutes, 2h30 et 24 heures sont très faiblement corrélées entre elles (0,6 et 0,1). En revanche, les mesures de pH effectuées entre le jambon gauche et le jambon droit d'une même carcasse de porc sont fortement corrélées (plus de 0,8); à 25 minutes la corrélation est toutefois plus faible que celles réalisée à 2h30 ou 24h en raison d'une différence de pH vraisemblablement due à la contraction musculaire de la patte d'accrochage en fin de saignée.

Les observations réalisées après désossage confirment que les viande déstructurées se situent essentiellement dans les viandes à bas pHu (<5,60). Il apparaît q'elles ne sont pas liées au caractère PSE des jambons déterminé par la prise du pH1, même si les viande déstructurées sont caractérisées par un pH1 et un pH2h30 en moyenne plus bas que celui des jambons non touchés. Enfin, l'âge ne saurait être incriminé dans la fréquence d'apparition du défaut déstructuré, qui était faible dans notre étude (4%).

Les différences de rendement technologique, de pertes au tranchage, et de rendement global constatées entre les deux classes de pHu, ainsi que les corrélations trouvées entre ces critères, confirment que le pH ultime est un bon indicateur de qualité technologique de la viande et donc de l'aptitude d'un jambon brut à la transformation en jambon cuit supérieur. L'âge à l'abattage ne semble pas avoir d'influence notable sur l'aptitude à sa transformation d'un jambon, les pertes au tranchage légèrement plus faibles pour les porcs abattus à 185 jours n'ayant cependant pratiquement pas d'influence sur le rendement global.

Des différents facteurs étudiés pour la composition chimique des jambons, c'est le pHu qui a le plus d'influence sur les résultats des analyses chimiques. Les teneurs en glucides (totaux et soluble totaux), en humidité et en protéines, tant de la matière première que du produit fini sont ainsi fortement influencées par la classe de pHu, en raison du lien existant entre ces métabolites et le pHu. L'influence du pHu sur le taux de protéines s'explique par une concentration en protéines par perte d'eau lors de la cuisson dans les jambons à bas pHu. Les conséquences de cette augmentation du taux de protéines lorsque le pH ultime diminue sont :

  • une augmentation du rapport PCL, qui doit être supérieur ou égal à 20% dans la réglementation jambon cuit supérieur ;
  • une diminution de la teneur en phosphore ajoutée, qui doit être inférieure ou égale à 0.

Pout tout renseignement complémentaire, contacter l'ITP

INSTITUT TECHNIQUE DU PORC

149, rue de Bercy, 
75 595 PARIS Cedex 12

Tel : 01.40.04.53.44 / Fax : 01.40.04.53.77

Site : www.itp.asso.fr 

N° réf. :409

Retour à la liste