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La tendreté de la
viande constitue encore et toujours le critère primordial de la
qualité de la viande bovine. Au-delà des moyens "bien
connus" de gestion de la tendreté (conditions de
réfrigération, durée de maturation...) il en est un beaucoup
moins connu par les opérateurs français et pourtant fortement
répandu Outre-Manche : la technique d'accrochage des carcasses
par le bassin ou "suspension pelvienne" .
L'objet du travail
a été de mieux cerner les potentialités de la suspension
pelvienne vis-à-vis de la tendreté de la viande dans le contexte
industriel français et d'apporter des réponses concrètes et
pragmatiques aux différentes questions des opérateurs :
- sur l'identification des muscles
dont la tendreté serait améliorée par la technique
- sur la quantification de ce gain
de tendreté, quand celui-ci est avéré
- sur les conséquences pratiques
et commerciales de sa mise en place dans la filière
Le premier de ces
points a été traité lors d'une étude précédente. Le présent
compte-rendu expose le travail réalisé sur les deux autres
points.
Pour être
efficace, cette technique doit être appliquée le plus tôt
possible après l'abattage, avant l'installation de la rigor
mortis. Parmi les trois méthodes d'accrochage connues, celle par
la "crête sciatique" semble le procédé le plus
fiable.
Appliquée de cette
façon, la suspension pelvienne améliore significativement la
tendreté du Faux-filet, du Tende de tranche (Adducteur et
Semi-membraneux), du Rumsteak et du Gîte-noix. Elle ne joue pas
sur celle du Rond de Gîte et du Rond de Tranche Grasse et
dégrade quelque peu celle de l'Aiguillette baronne. Globalement,
la suspension pelvienne a donc un effet favorable sur la tendreté
d'une majorité de muscles. De plus, le gain de tendreté procuré
par cette technique sur les 5 muscles est tout à fait
considérable puisqu'équivalent, selon le muscle, entre 1 à 2
fois le gain obtenu par une durée de maturation de 7 jours pour
une carcasse accrochée par le Tendon d'Achille ! D'autre part,
cette viande issue d'une carcasse suspendue par le bassin mature,
ce qui accroît encore le gain de tendreté! Enfin, cette méthode
apparaît fortement efficace puisque son effet positif sur la
tendreté a été constaté sur quasiment toutes les carcasses
testées.
Cette étude a
permis également de faire ressortir les principales contraintes
liées à la mise en œuvre de cette pratique :
- un poids maximal des carcasses
pouvant être suspendues par le bassin estimé à 400 kg (pour
éviter tout risque de chutes),
- un certain investissement
supplémentaire pour le poste d'accrochage en abattoir,
- un volume supplémentaire pour
le stockage et le transport de ces carcasses et de ces ART8,
- une déformation des ART8 et de
certains muscles pouvant avoir quelques conséquences
commerciales.
Toutefois, les
différents opérateurs enquêtés, au regard du gain important de
tendreté permis par cette technique, même s'ils ont bien
conscience de la réalité de ses contraintes, semblent prêts à
les surmonter et à l'essayer.
Les résultats
probants obtenus dans ce travail permettent d'affirmer que la
suspension pelvienne se situe dans les tous premiers facteurs
pouvant influer sur la tendreté des viandes de gros bovins, au
même titre que les conditions de réfrigération des carcasses ou
que la durée de maturation des viandes. A ce titre, elle peut
espérer se développer dans un certain nombre de filières,
notamment dans les démarches qualité visant un certain niveau de
tendreté.
Le
rapport complet est disponible à l'Institut de l'Elevage sous le
compte-rendu n°2023208.
INSTITUT DE L'ELEVAGE
149,
rue de Bercy
75 595 PARIS Cedex 12
Tel : 01.40.04.51.50
Fax :01.40.04.52.75
Site : www.inst-elevage.asso.fr
Cette action a été cofinancée par l'OFIVAL
et INTERBEV.
VOIR AUSSI :
article intitulé "Suspension pelvienne - Un impact important
sur la tendreté des gros bovins" paru dans V&PC Vol24(2),
pp 51-54
(site internet V&PC http://www.office-elevage.fr/vpc/indvpc/indexvpc.htm)
Cette action a
été cofinancée par l'OFIVAL et INTERBEV. |