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(Extrait du rapport de l'Institut de
l'Elevage)
INTRODUCTION
Le transport des animaux vivants
est une phase indispensable au cours de l’élevage des animaux
de ferme, mais qui a souvent tendance à être mal considérée
par le grand public. Sous la pression des associations de
protection animale et dans un contexte où l’opinion publique s’intéresse
de plus en plus aux conditions d’élevage des animaux destinés
à la consommation humaine, l’Union Européenne affiche, depuis
quelques années, une forte volonté d’assurer le bien-être des
animaux de ferme en toutes circonstances, y compris pendant le
transport. La réglementation sur le transport d’animaux vivants
a ainsi beaucoup évolué depuis la directive 91/628/CEE qui
établissait les dispositions générales en matière de
protection des animaux en cours de transport. Depuis la
publication de cette Directive des évolutions réglementaires ont
été régulièrement réalisées et un projet de règlement
global est en discussion depuis plusieurs mois.
Dans ce contexte et sachant que le
transport des jeunes veaux, dits de " 8 jours " est une
phase à forte incidence pour l’élevage des veaux de boucherie
dont l’état à l’entrée dans les bâtiments d’engraissement
est déterminant pour un bon démarrage des animaux INTERBEV et l’OFIVAL
ont demandé à l’Institut de l’Elevage de faire une étude
sur les conditions de transport actuelles des veaux de " 8
jours " et sur l’impact du transport et de l’état des
veaux à l’arrivée en atelier d’engraissement sur leurs
performances ultérieures.
Cette étude se décompose donc en
trois parties principales :
- L’étude du contexte actuel
(marché du veau, aspects réglementaires),
- L’étude des flux des veaux
(qualification et quantification des flux de veaux sur le
territoire et entre pays) et des conditions de transport
rencontrées (qualification des flux de veaux, aménagement des
bétaillères…), par le biais d’une enquête réalisée
auprès des principales structures intervenant dans le transport
des veaux de " 8 jours " : les marchés, les
commerçants, les intégrateurs, les centres de tri, les
transporteurs.
- L’étude à la station
expérimentale " veaux de boucherie " du Rheu des
conséquences de l’état des veaux à l’arrivée sur leurs
performances en atelier d’engraissement.
DISCUSSION -
CONCLUSION
L’enquête réalisée auprès des
opérateurs de la filière a permis de décrire et de mieux
comprendre la complexité des flux de veaux de boucherie.
Les veaux issus de l’Ouest de la
France sont en moyenne transportés à l’âge de 14 jours,
tandis que les veaux issus des zones Centre et Massif Central sont
transportés plus tard en moyenne à l’âge de 30 jours, souvent
vers l’Italie et l’Espagne. Ainsi en Bretagne, 57 % des veaux
quittent leurs lieux de naissance avant 14 jours. Or les
évolutions réglementaires s’orientent de plus en plus vers une
interdiction de transport avant l’âge de deux semaines. Une
telle limitation d’âge auraient des conséquences très
importantes sur le fonctionnement de la production de veaux de
boucherie (problèmes d’adaptation lors de l’arrivée en
engraissement…) et sur le fonctionnement de la filière lait
(organisation des structures pour conserver les jeunes veaux plus
longtemps…).
Les marchés aux veaux connaissent
un déclin important. Ce déclin avait débuté avant les
récentes crises sanitaires mais il a été considérablement
accentué par les épisodes d’ESB et de fièvres aphteuses de
2001. Certains marchés s’adaptent à la demande générale de
réduire les durées de transport des veaux (du naisseur à l’engraisseur)
en permettant aux intégrateurs d’alloter directement leurs
animaux sur le marché pour les envoyer en élevages sans passer
par un centre de tri. Parallèlement au déclin des marchés aux
veaux, de plus en plus de veaux passent par les centres de tris
des gros commerçants et des intégrateurs. Le but est toujours de
limiter la durée du transport et le nombre d’arrêts avec
déchargement et ré-embarquement des animaux. Les professionnels
réalisent un effort de renouvellement de leur parc de
bétaillères. La plupart des structures concernées par le
transport de plus de 8 heures s’équipe de bétaillères
conformes à la réglementation en vigueur. Les professionnels
souhaiteraient par contre disposer de conseils pratiques pour s’adapter
au mieux aux décisions réglementaires, surtout en ce qui
concerne les systèmes de ventilation des véhicules et l’abreuvement
des animaux au cours de la pause (pendant des transports de plus
de 8 heures) et pendant leurs arrêts. En effet les systèmes de
ventilation, même s’ils existent généralement sur ces
véhicules, ne sont pas toujours utilisés et quand ils le sont,
ils ne sont pas toujours utilisés de façon efficace. Les
systèmes d’abreuvement sont également généralement existant
(sous forme de pipettes ou d’abreuvoirs) mais ne sont jamais
utilisés en cours de transport pour les petits veaux car donner
de l’eau à ce type d’animaux en cours de transport leur
serait préjudiciable.
L’étude expérimentale menée à
la station du Rheu a permis de mieux comprendre les facteurs qui
conditionnent l’état des veaux à l’arrivée en atelier d’engraissement
et l’impact ultérieur de cet état.
L’éloignement entre l’élevage
naisseur et l’élevage engraisseur semble présenter une
incidence négative sur la croissance des animaux et leur
résistance aux pathologies plus que la jeunesse à l’arrivée
des animaux dans l’élevage d’engraissement. Plus l’animal
arrive fatigué dans l’élevage engraisseur et plus il semble
susceptible de développer des pathologies. Or, la fatigue est
liée à la durée du transport mais surtout aux nombres d’arrêts
avec déchargements et ré-embarquements des animaux. Il semble
donc important d’essayer de limiter les distances parcourues
avant l’arrivée en engraissement. Ceci n’est pas toujours
facile étant donné que le marché du veau de boucherie est très
fluctuant (disponibilité en petits veaux très variable au cours
de l’année, consommation variable également en fonction des
saisons…).
SOMMAIRE DU
RAPPORT
I. INTRODUCTION
II. LE CONTEXTE ACTUEL
1. Un marché dynamique
2. Une réglementation en
évolution
III. ENQUÊTE SUR LE TRANSPORT
DES VEAUX
A. Les conditions de transport des
veaux
1. Les flux de veaux :
a) Les circuits : de l’élevage
naisseur à l’atelier d’engraissement
(1) Des circuits différents en
fonction des intégrateurs, des régions et des types de
veaux
(2) Les élevages naisseurs : des
pratiques différentes en fonction de la période de l’année et
du type de veau
(3) Les commerçants : des
pratiques différentes en fonction des régions et de la taille de
l’entreprise
(a) Les gros commerçants
(b) Les petits commerçants,
(4) Les marchés, un déclin
amorcé avant la crise de 2001
2. L’aménagement des
bétaillères
IV. ETUDE SUR LES CONSÉQUENCES
DU TRANSPORT DES VEAUX DE 8
JOURS SUR LEUR ÉTAT À L’ARRIVÉE EN ENGRAISSEMENT
A. Matériel et méthodes
1. Matériel
a) Les animaux
b) Les lieux d’étude :
2. Méthodes
B. Résultats et discussion
1. Les paramètres physiologiques
:
a) L’état nutritionnel des
veaux
b) L’état d’hydratation des
veaux
c) L’état de fatigue des
veaux
d) Le stress
2. Les paramètres sanitaires
:
3. Les paramètres zootechniques
:
4. Comparaison entre les
paramètres mesurés
V. DISCUSSION - CONCLUSION
Références bibliographiques
Textes réglementaires
Cette action est cofinancée par
INTERBEV.
Pour tout complément
d'information, contacter les auteurs à l'Institut de l'Elevage. |