FICHE  TECHNIQUE

Espèce :

ovin

Catégorie :

Logistique

Titre:

Adaptation de la filière ovine face à l'obligation de démeduller les agneaux âgés de plus de 6 mois à l'abattage. 

Mots clés:

démédullation, agneau, fréquence des âges à l'abattage, ovin, ESB

Source(s):

INSTITUT DE L'ELEVAGE

Auteur(s) :

Jérome NORMAND,
Sylvie BROUARD

Travail :

Clos

Date de fin des travaux

JUIN 2002

Programme :

OFIVAL 2002

Résumé :

Les récentes crises agroalimentaires relatives à l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), se sont traduites par plusieurs mesures réglementaires de santé publique visant à retirer de la consommation des tissus dans lesquels s’accumule l’agent pathogène afin de maximiser la sécurité alimentaire des consommateurs. Suite aux travaux de recherche les plus récents et aux éventuelles liaisons entre ESB ovine et tremblante, ces mesures ont été renforcées dans la filière ovine. En effet, compte tenu de la distribution large et précoce de l’agent infectieux des encéphalopathies spongiformes subaiguës transmissibles (ESST), l’administration française a décidé d’abaisser d’un an à 6 mois l’âge à partir duquel le retrait de la moelle épinière sera rendu obligatoire chez les ovins. L’évolution de cette réglementation ne va pas sans poser de nombreux problèmes à la filière : attestation de l’âge des agneaux à l’abattage, mise au point de procédés de démédullation parfaitement opérationnel, valorisation des carcasses, … Afin d’aider la profession ovine à dégager des scénarios raisonnés d’adaptation de la filière, INTERBEV Ovins et l’ofival ont demandé à l’Institut de l’Élevage, de conduire un travail permettant :

    • d’estimer la proportion d’agneaux abattus à plus de 6 mois,
    • d’identifier les contraintes d’une démédullation des agneaux de plus de 6 mois pour les abatteurs,
    • d’apporter de premiers éléments sur les conséquences commerciales à attendre de cette nouvelle réglementation et sur les éventuelles adaptations envisagées.

En l’absence d’enregistrement systématique de la date de naissance de chaque agneau par les opérateurs, l’estimation du nombre d’agneaux abattus à plus de 6 mois a été réalisée à partir du recoupement de diverses sources d’informations : données partielles collectées auprès du réseau des fermes expérimentales et auprès de quelques opérateurs, expertise.

Globalement, 15 à 20 % de la production française d’agneaux issus du cheptel viande (soit entre 840 000 et 1 100 000 têtes) serait abattue à plus de 6 mois. Les disparités régionales sont toutefois très fortes et dépendent essentiellement du type d’agneau produit. L’évolution de la réglementation sur la démédullation ne concernerait qu’une faible part des agneaux de bergerie (0 à 10 % de la production) pour environ 50 % des agneaux d’herbe (30 à 100 % suivant l’intensification du système de production). Ainsi, avec moins de 10 % des agneaux concernés, certaines régions seraient peu affectées par une telle mesure (Languedoc-Roussillon, Provences-Alpes-Côte d’Azur, Midi-Pyrénées, …) alors que d’autres le seraient en premier lieu avec plus d’un quart des agneaux abattus à plus de 6 mois (Limousin, Bourgogne, Est, …). La variabilité régionale se double d’une variabilité saisonnière, l’essentiel des agneaux abattus à plus de 6 mois étant produits au cours du second semestre (septembre à janvier).

Compte tenu du travail déjà réalisé par la profession pour quantifier l’incidence de la démédullation des agneaux âgés de plus de 6 mois au niveau des abattoirs, ce point n’a pas été abordé de façon spécifique dans cette étude. Les deux principales contraintes concernent la traçabilité des agneaux âgés de plus de 6 mois (identification et tri des animaux, multiplication des nombres de lots, …) et la démédullation sensu stricto (main d’œuvre, baisse de productivité, …). Le coût de cette opération est estimé à environ 8 €/animal soit 0,45 €/kg de carcasse.

L’ampleur des conséquences commerciales et les pistes d’adaptation envisagées pour faire face à la démédullation des animaux de plus de 6 mois ont été appréciées à partir d’une enquête réalisée auprès des GIE ovins de quelques régions françaises. L’ablation de la moelle épinière des agneaux de plus de 6 mois pourrait avoir des effets sur :

    • la valorisation de ces animaux en raison de l’image véhiculée par la démédullation et d’un éventuel rejet de la part du consommateur ;
    • les démarches qualité, un raccourcissement du cycle de production (susceptible de se produire afin de limiter le nombre d’agneaux démédullés) pouvant largement perturber la régularité d’approvisionnement au cours du dernier trimestre ;
    • la concurrence étrangère qui pourrait s’accroître avec des livraisons d’animaux non démédullés en provenance de Nouvelle-Zélande et d’Australie, ou de carcasses découpées provenant des opérateurs communautaires qui ne souhaitent pas s’engager dans la livraison de carcasses démédullées.

Pour faire face à ces conséquences, quelques pistes d’adaptations sont envisagées :

    • modifier les systèmes de production pour raccourcir le cycle de production des agneaux d’herbe (utilisation de races à fort potentiel de croissance, complémentation à l’herbe, finition en bergerie plus précoce),
    • utiliser des races se désaisonnant très bien de façon à produire des agneaux de bergerie au dernier trimestre,
    • accroître l’autonomie alimentaire pour produire au dernier trimestre des agneaux d’herbe à moindre coût afin de compenser une baisse prévisible de leur prix de vente,
    • utiliser des béliers résistants à la tremblante de façon à terme à produire uniquement des agneaux résistants et à supprimer une éventuelle confusion entre tremblante et ESB ovine.

Le rapport complet est disponible à l'Institut de l'Elevage sous le compte-rendu n°2023216.

INSTITUT DE L'ELEVAGE

149, rue de Bercy 
75 595 PARIS Cedex 12

Tel : 01.40.04.51.50 / Fax :01.40.04.52.75

Site : www.inst-elevage.asso.fr 

Cette action a été cofinancée par l'OFIVAL et INTERBEV.

 

Résumé du C.R.

N° réf. :613

Retour à la liste