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Résumé : |
Les récentes crises agroalimentaires relatives
à l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), se sont
traduites par plusieurs mesures réglementaires de santé publique
visant à retirer de la consommation des tissus dans lesquels s’accumule
l’agent pathogène afin de maximiser la sécurité alimentaire
des consommateurs. Suite aux travaux de recherche les plus
récents et aux éventuelles liaisons entre ESB ovine et
tremblante, ces mesures ont été renforcées dans la filière
ovine. En effet, compte tenu de la distribution large et précoce
de l’agent infectieux des encéphalopathies spongiformes
subaiguës transmissibles (ESST), l’administration française a
décidé d’abaisser d’un an à 6 mois l’âge à partir
duquel le retrait de la moelle épinière sera rendu obligatoire
chez les ovins. L’évolution de cette réglementation ne va pas
sans poser de nombreux problèmes à la filière :
attestation de l’âge des agneaux à l’abattage, mise au point
de procédés de démédullation parfaitement opérationnel,
valorisation des carcasses, … Afin d’aider la profession ovine
à dégager des scénarios raisonnés d’adaptation de la
filière, INTERBEV Ovins et l’ofival ont demandé à l’Institut
de l’Élevage, de conduire un travail permettant :
- d’estimer la proportion d’agneaux abattus à plus de 6
mois,
- d’identifier les contraintes d’une démédullation des
agneaux de plus de 6 mois pour les abatteurs,
- d’apporter de premiers éléments sur les conséquences
commerciales à attendre de cette nouvelle réglementation
et sur les éventuelles adaptations envisagées.
En l’absence d’enregistrement systématique
de la date de naissance de chaque agneau par les opérateurs, l’estimation
du nombre d’agneaux abattus à plus de 6 mois a été réalisée
à partir du recoupement de diverses sources d’informations :
données partielles collectées auprès du réseau des fermes
expérimentales et auprès de quelques opérateurs, expertise.
Globalement, 15 à 20 % de la production
française d’agneaux issus du cheptel viande (soit entre
840 000 et 1 100 000 têtes) serait abattue à plus
de 6 mois. Les disparités régionales sont toutefois très fortes
et dépendent essentiellement du type d’agneau produit. L’évolution
de la réglementation sur la démédullation ne concernerait qu’une
faible part des agneaux de bergerie (0 à 10 % de la
production) pour environ 50 % des agneaux d’herbe (30 à
100 % suivant l’intensification du système de production).
Ainsi, avec moins de 10 % des agneaux concernés, certaines
régions seraient peu affectées par une telle mesure
(Languedoc-Roussillon, Provences-Alpes-Côte d’Azur,
Midi-Pyrénées, …) alors que d’autres le seraient en premier
lieu avec plus d’un quart des agneaux abattus à plus de 6 mois
(Limousin, Bourgogne, Est, …). La variabilité régionale se
double d’une variabilité saisonnière, l’essentiel des
agneaux abattus à plus de 6 mois étant produits au cours du
second semestre (septembre à janvier).
Compte tenu du travail déjà réalisé par la
profession pour quantifier l’incidence de la démédullation des
agneaux âgés de plus de 6 mois au niveau des abattoirs, ce point
n’a pas été abordé de façon spécifique dans cette étude.
Les deux principales contraintes concernent la traçabilité des
agneaux âgés de plus de 6 mois (identification et tri des
animaux, multiplication des nombres de lots, …) et la
démédullation sensu stricto (main d’œuvre, baisse de
productivité, …). Le coût de cette opération est estimé à
environ 8 €/animal soit 0,45 €/kg de carcasse.
L’ampleur des conséquences commerciales et
les pistes d’adaptation envisagées pour faire face à la
démédullation des animaux de plus de 6 mois ont été
appréciées à partir d’une enquête réalisée auprès des GIE
ovins de quelques régions françaises. L’ablation de la moelle
épinière des agneaux de plus de 6 mois pourrait avoir des effets
sur :
- la valorisation de ces animaux en raison de l’image
véhiculée par la démédullation et d’un éventuel rejet
de la part du consommateur ;
- les démarches qualité, un raccourcissement du cycle de
production (susceptible de se produire afin de limiter le
nombre d’agneaux démédullés) pouvant largement
perturber la régularité d’approvisionnement au cours du
dernier trimestre ;
- la concurrence étrangère qui pourrait s’accroître
avec des livraisons d’animaux non démédullés en
provenance de Nouvelle-Zélande et d’Australie, ou de
carcasses découpées provenant des opérateurs
communautaires qui ne souhaitent pas s’engager dans la
livraison de carcasses démédullées.
Pour faire face à ces conséquences, quelques
pistes d’adaptations sont envisagées :
- modifier les systèmes de production pour raccourcir le
cycle de production des agneaux d’herbe (utilisation de
races à fort potentiel de croissance, complémentation à l’herbe,
finition en bergerie plus précoce),
- utiliser des races se désaisonnant très bien de façon
à produire des agneaux de bergerie au dernier trimestre,
- accroître l’autonomie alimentaire pour produire au
dernier trimestre des agneaux d’herbe à moindre coût
afin de compenser une baisse prévisible de leur prix de
vente,
- utiliser des béliers résistants à la tremblante de
façon à terme à produire uniquement des agneaux
résistants et à supprimer une éventuelle confusion entre
tremblante et ESB ovine.
Le rapport complet est disponible
à l'Institut de l'Elevage sous le compte-rendu n°2023216.
INSTITUT DE L'ELEVAGE
149, rue de Bercy
75 595 PARIS Cedex 12
Tel : 01.40.04.51.50 / Fax
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Site : www.inst-elevage.asso.fr
Cette action a été cofinancée
par l'OFIVAL et INTERBEV.
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