Les consommateurs, de plus en
plus préoccupés par les conditions de production des animaux,
souhaitent que des changements s'opèrent en production, vers des
systèmes d'élevages différents du système conventionnel. En
réponse à ces attentes nouvelles, certains éleveurs ont opté
pour des modes de production de type alternatif, avec parfois
accès à un parcours voire une production en plein-air.
La qualité technologique de ces viandes
produites en plein-air étant mise en cause par certains auteurs
(différence de pH ultime, Enfald et al. 1983 ; Bee et al., 2002),
cette étude s'est proposée d'approfondir l'analyse. Les pH1 et
pH ultime (principaux prédicteurs de la qualité technologique)
ont été étudiés conjointement avec la réaction au stress des
animaux via l'enregistrement des fréquences cardiaques. Le suivi
des différentes phases, de l'élevage à l'anesthésie, permet
d'identifier les interventions les plus stressantes, de comparer
la réaction des porcs face au stress pour les deux types de
productions, et enfin de suivre l'impact sur la qualité de la
viande.
Les résultats montrent que la conduite à
l'anesthésie demeure, de toutes les manipulations des porcs lors
d'un transfert à l'abattoir, la phase la plus stressante pour le
porc. Face à cet important stress, les porcs élevés sur
parcours développent une réaction plus intense que ceux élevés
en bâtiments. Il s'en suit une dégradation sensible de la
qualité de la viande liée à une plus forte proportion de
viandes "tendance PSE" et "PSE", c'est-à-dire
des viandes exsudatives (en frais : exsudats lors de la coupe ou
en barquette, lors de la cuisson : rendements technologiques
inférieurs). Toutefois, le fait que sur l'ensemble de
l'expérimentation les porcs élevés sur parcours ont un niveau
de battement cardiaque moins élevé que les porcs élevés en
bâtiment, indique une meilleure condition physique.
Le pH ultime, bon prédicteur de la qualité
technologique de la viande, est en moyenne significativement
inférieur dans le cas d'une production en plein-air (- 0.12
unité pH). Les rendements lors de la transformation sont
susceptibles d'être inférieurs à ce que peuvent offrir des
viandes produites en bâtiment.
Si l'élevage en plein-air véhicule une
bonne image auprès des consommateurs, cela conduit à la
production de viandes de qualité technologiques inférieures à
celles de porcs issus d'un mode de production conventionnel.
SOMMAIRE DU RAPPORT D'ETUDE
Résumé
Introduction
1. Protocole
1.1 Porcs charcutiers
1.2 Mesures
1.2.1 Fréquences cardiaques
1.2.2 Mesures à l'abattoir
2. Résultats - discussion
2.1 Fréquences cardiaques
2.1.1 Les différentes phases de
l'expérimentation
2.1.2 Répartition des données des
cardiofréquencemètres
2.1.3 Comparaison des moyennes des
fréquences cardiaques entre l'élevage en bâtiment et
l'élevage plein-air
2.2 Mise à jeun : pesées des
estomacs
2.3 Mesures de qualité de viande : pH1 et
pHu
2.3.1 Répartition des pH1 par
classe
2.3.2 Répartition des pHu par
classe
3. Conclusion
4. Références bibliographiques
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