A l’état frais, les pièces
de découpe de porc ne se conservent pas plus d'une semaine en
conditions courantes de réfrigération. Certains industriels
français cherchent à augmenter les durées de conservation, pour
accéder à des marchés géographiquement éloignés, notamment
ceux du continent asiatique.
S’il s’avérait performant, le procédé
de mise sous vide, bien connu des entreprises, pourrait offrir de
réelles possibilités d’exportation à un coût abordable. Deux
précédentes études montrent qu'une conservation de 4 à 6
semaines de demi-longes de porc désossées sous vide, est
techniquement envisageable dans certaines conditions. En revanche,
8 semaines semblent excessives si l’on souhaite une durée de
vie résiduelle en linéaire de la vente.
L’objet de l’étude est de savoir s’il
est possible de garantir 6 à 7 semaines de conservation sous vide
dans cette perspective en retravaillant le process mis en œuvre,
pour une meilleure maîtrise de l’hygiène des viandes, de la
qualité du vide et de la chaîne du froid.
Les performances du sous-vide sont donc
évaluées pour les deux durées de conservation, 6 et 7 semaines,
sur des demi-carrés de porcs désossés. Les évaluations portent
sur les aspects pondéraux, sensoriels et bactériologiques.
Les deux durées de conservation sont
étudiées sur une trentaine de carcasses, sélectionnées le
lendemain de l’abattage sur la base de leur pH24. Des
prélèvements bactériologiques sont effectués avant le
conditionnement, et les morceaux sont pesés. Les carrés sont
ensuite conditionnés sous vide puis rétractés. Après un
refroidissement cryogénic à –50°C pendant 20 minutes, les
sacs sont stockés dans un container frigorifique à –1.5°C. A
l’issue d’un stockage de demi-gros de 6 ou 7 semaines, les
viandes sont pesées, évaluées au plan de leur acceptabilité
commerciale (aspect et odeur) et des prélèvements
bactériologiques sont à nouveau réalisés. Puis, chaque
demi-carré fait l’objet d’un tranchage. Il fournit une
barquette filmée de deux tranches, conservée durant quatre jours
à 4°C, pour simuler une conservation de détail. Des contrôles
pondéraux, sensoriels (aspect, odeur) et bactériologiques sont
également effectués à l’issue de cette ultime phase de
conservation.
Au vu des résultats, il semble difficile de
conserver des demi-carrés de porc durant 6 ou 7 semaines sous
vide dans l’optique d’une conservation ultérieure en
linéaire de vente, même en bonnes conditions de réalisation du
process.
A l’issue du stockage sous vide, les
pertes de masses sont pourtant modestes et l’aspect commercial
des produits est jugé bon, tant pour les demi-carrés que pour
les tranches qui en proviennent, mais la qualité microbiologique
ne suit pas. Bien qu'aucune flore pathogène n'ait été
détectée et malgré l’important développement des bactéries
lactiques, la croissance des entérobactéries est sensible dans
le conditionnement. De plus, la qualité bactériologique se
dégrade vite après la remise à l'air : les contaminations en
entérobactéries et en Pseudomonas deviennent limitantes sur les
tranches. Il convient toutefois de noter que toutes les analyses
sont conformes aux critères microbiologiques réglementaires à
l'issue des 4 jours en barquette.
Bien que de notables améliorations aient
été apportées à la réalisation pratique du
conditionnement/stockage de la viande depuis les premiers essais,
il paraît donc pour l’instant difficile de répondre à la
demande des professionnels et de disposer d’un minimum de 6
semaines sous vide plus quelques jours au détail. Une durée de
stockage de 4 à 5 semaines semble plus compatible avec les
performances observées dans les différents essais sur ce thème.
A moins d’envisager de commercialiser en l’état les morceaux
de demi-gros sous vide pour la restauration hors domicile, ou de
réaliser un stock temporaire de carrés pour des marchés
particuliers.
POUR PLUS D'INFORMATION :
- voir communiqué VIGIE
VIANDE N°277 intitulé "Exportation vers l’Asie
: est-il possible de conserver la viande de porc sous vide ?"
www.vigie-viande.info
- voir article "Conservation
longue durée de la viande de porc" paru dans TECHNI
PORC Vol.28, N°1 2005, p21-28
- contacter l'ITP