CONTEXTE ET OBJECTIFS
Le marché italien est le premier débouché
intra communautaire pour les broutards et les jeunes bovins issus
du troupeau allaitant français. Or certains grands distributeurs
italiens ont adopté une politique commerciale anti-OGM. Le risque
d’utilisation d’OGM dépend strictement des achats pratiqués
et donc du niveau d’autonomie fourragère et protéique des
exploitations concernées.
Cette action initiée en 2002 et poursuivie
en 2003 vise :
- à caractériser le niveau d'autonomie
protéique des exploitations bovins viande, i.e. le niveau de
dépendance vis à vis des protéines extérieures à
l'exploitation ;
- à identifier les possibilités techniques
d'amélioration de l'autonomie protéique à l'échelle de
l'exploitation (les alternatives aux achats de tourteaux,
notamment de soja), et chiffrer l'impact économique de leur mise
en œuvre ;
- à identifier les questions auxquelles
répondre pour mettre en place une filière bovin viande non OGM.
Les objectifs sont donc :
- qualifier l'autonomie alimentaire et
protéique des exploitations bovines à partir des exploitations
des réseaux d'élevage (analyse de données),
- identifier des systèmes les plus
autonomes, les décrire et analyser leur système technique
(enquêtes),
- formaliser les solutions techniques
permettant d'améliorer l'autonomie alimentaire et protéique et
en apprécier la faisabilité (mobilisation de l'expertise
technique),
- chiffrer l'impact économique des
changements mis en œuvre pour améliorer l'autonomie alimentaire
et protéique (simulation).
RESULTATS
Les données de l'année 2000 des réseaux
d'élevage bovins viande sont utilisées pour caractériser
l'autonomie et le niveau de dépendance vis à vis des achats
extérieurs en concentrés et MAT des exploitations. L'autonomie
est définie comme la part des aliments et de MAT produits sur
l'exploitation par rapport à ceux consommés. Le niveau de
dépendance est défini par la quantité d'aliments et de MAT
achetés ramenée soit à l'UGB, soit à 100 kg de poids vif.
Sur l'ensemble des élevages, l'autonomie en
fourrages grossiers est élevée (94 %) ; pour les concentrés
elle atteint 43 % et elle est plus faible pour les MAT (27 %) avec
une forte dispersion des valeurs.
Les critères d'autonomie et les niveaux de
dépendance diffèrent peu selon les types d'ateliers bovins
viande, à l'exception des systèmes engraisseurs spécialisés et
des producteurs de veaux.
En revanche, ils se différencient selon les
stratégies de conduite alimentaire. Ces stratégies sont
caractérisées par les parts respectives d'herbe, de
légumineuses, céréales, de cultures fourragères (maïs
ensilage …) et de protéagineux dans la surface de
l'exploitation valorisée par les bovins. Les systèmes
d'alimentation de type herbager (plus de 95 % d'herbe dans la
surface utile) sont peu autonomes (moins de 10 % pour les
concentrés et les MAT), y compris ceux peu dépendants vis à vis
des achats extérieurs (moins de 34 kg de MAT achetées par UGB).
Les groupes avec maïs ensilage sont également peu autonomes
(entre 9 et 19 % pour l'autonomie en MAT) et présentent des
dépendances vis à vis des achats extérieurs parmi les plus
élevés (plus de 140 kg de MAT par UGB pour trois groupes sur
quatre). Ce sont les groupes "céréales" et
"légumineuses" qui ont les niveaux d'autonomie les plus
élevés associés à des achats compris entre 14 et 62 kg de MAT
par UGB.
L'autonomie totale en MAT est atteinte par
un petit nombre d'exploitations. Peu de solutions techniques, à
l'exception de l'introduction de cultures de protéagineux,
peuvent concourir à une autonomie totale en MAT à l'échelle de
l'exploitation. Ces cultures ont des exigences sur le plan
agronomique qui les rendent peu adaptées à un grand nombre
d'exploitations (moins de 20 % dans l'échantillon) avant tout
pour des raisons de part de surface en cultures limitée. Sur la
base des dernières conjonctures de prix, l'introduction de
protéagineux dans les systèmes bovins viande est sans réel
intérêt économique. De ces éléments, il en découle que cette
option visant à rechercher l'autonomie totale sur l'exploitation
en vue d'une production non OGM, aura vraisemblablement une
portée limitée.
Ainsi, l'approvisionnement par des circuits
garantissant des aliments non OGM – fabricant d'aliments, voire
contrat entre éleveurs et producteurs de protéagineux – est
une voie incontournable dans le cadre d'une filière non OGM. Elle
est, au moins, la plus facilement accessible à un grand nombre de
producteurs.
DOCUMENTS
Disponibles pour téléchargement :
synthèse (8 pages), rapport (87 pages)
CONTACTS
Pour plus d'information, contacter à
l'Institut de l'Elevage :
Jean DEVUN, Service actions
régionales Centre Massif Central
Marion KENTZEL, Service actions régionales Sud Ouest
Philippe HAUREZ, Service Viande
VOIR AUSSI : communiqué
VIGIE VIANDE N°226 du
04/11/04