FICHE  TECHNIQUE

  

Espèce :

Bovin

Catégorie :

Alimentation

Titre:

Autonomie protéique des exploitation bovines (année 2/2 - 2003)

Mots clés:

OGM Italie exploitation bovin protéine protéagineux

Source(s):

INSTITUT DE 
L'ELEVAGE

Auteur(s) :

Jean DEVUN, 
Jean-Pierre FARIE, 
Philippe HAUREZ, 
Marion KENTZEL, 
Elodie CADOUX

Travail :

En cours

Date de fin des travaux

30.06.2004

Programme :

OFIVAL 2003

 

 

Résumé :

 

CONTEXTE ET OBJECTIFS

Le marché italien est le premier débouché intra communautaire pour les broutards et les jeunes bovins issus du troupeau allaitant français. Or certains grands distributeurs italiens ont adopté une politique commerciale anti-OGM. Le risque d’utilisation d’OGM dépend strictement des achats pratiqués et donc du niveau d’autonomie fourragère et protéique des exploitations concernées.

Cette action initiée en 2002 et poursuivie en 2003 vise :

- à caractériser le niveau d'autonomie protéique des exploitations bovins viande, i.e. le niveau de dépendance vis à vis des protéines extérieures à l'exploitation ;

- à identifier les possibilités techniques d'amélioration de l'autonomie protéique à l'échelle de l'exploitation (les alternatives aux achats de tourteaux, notamment de soja), et chiffrer l'impact économique de leur mise en œuvre ;

- à identifier les questions auxquelles répondre pour mettre en place une filière bovin viande non OGM.

Les objectifs sont donc :

- qualifier l'autonomie alimentaire et protéique des exploitations bovines à partir des exploitations des réseaux d'élevage (analyse de données),

- identifier des systèmes les plus autonomes, les décrire et analyser leur système technique (enquêtes),

- formaliser les solutions techniques permettant d'améliorer l'autonomie alimentaire et protéique et en apprécier la faisabilité (mobilisation de l'expertise technique),

- chiffrer l'impact économique des changements mis en œuvre pour améliorer l'autonomie alimentaire et protéique (simulation).

RESULTATS

Les données de l'année 2000 des réseaux d'élevage bovins viande sont utilisées pour caractériser l'autonomie et le niveau de dépendance vis à vis des achats extérieurs en concentrés et MAT des exploitations. L'autonomie est définie comme la part des aliments et de MAT produits sur l'exploitation par rapport à ceux consommés. Le niveau de dépendance est défini par la quantité d'aliments et de MAT achetés ramenée soit à l'UGB, soit à 100 kg de poids vif.

Sur l'ensemble des élevages, l'autonomie en fourrages grossiers est élevée (94 %) ; pour les concentrés elle atteint 43 % et elle est plus faible pour les MAT (27 %) avec une forte dispersion des valeurs.

Les critères d'autonomie et les niveaux de dépendance diffèrent peu selon les types d'ateliers bovins viande, à l'exception des systèmes engraisseurs spécialisés et des producteurs de veaux.

En revanche, ils se différencient selon les stratégies de conduite alimentaire. Ces stratégies sont caractérisées par les parts respectives d'herbe, de légumineuses, céréales, de cultures fourragères (maïs ensilage …) et de protéagineux dans la surface de l'exploitation valorisée par les bovins. Les systèmes d'alimentation de type herbager (plus de 95 % d'herbe dans la surface utile) sont peu autonomes (moins de 10 % pour les concentrés et les MAT), y compris ceux peu dépendants vis à vis des achats extérieurs (moins de 34 kg de MAT achetées par UGB). Les groupes avec maïs ensilage sont également peu autonomes (entre 9 et 19 % pour l'autonomie en MAT) et présentent des dépendances vis à vis des achats extérieurs parmi les plus élevés (plus de 140 kg de MAT par UGB pour trois groupes sur quatre). Ce sont les groupes "céréales" et "légumineuses" qui ont les niveaux d'autonomie les plus élevés associés à des achats compris entre 14 et 62 kg de MAT par UGB.

L'autonomie totale en MAT est atteinte par un petit nombre d'exploitations. Peu de solutions techniques, à l'exception de l'introduction de cultures de protéagineux, peuvent concourir à une autonomie totale en MAT à l'échelle de l'exploitation. Ces cultures ont des exigences sur le plan agronomique qui les rendent peu adaptées à un grand nombre d'exploitations (moins de 20 % dans l'échantillon) avant tout pour des raisons de part de surface en cultures limitée. Sur la base des dernières conjonctures de prix, l'introduction de protéagineux dans les systèmes bovins viande est sans réel intérêt économique. De ces éléments, il en découle que cette option visant à rechercher l'autonomie totale sur l'exploitation en vue d'une production non OGM, aura vraisemblablement une portée limitée.

Ainsi, l'approvisionnement par des circuits garantissant des aliments non OGM – fabricant d'aliments, voire contrat entre éleveurs et producteurs de protéagineux – est une voie incontournable dans le cadre d'une filière non OGM. Elle est, au moins, la plus facilement accessible à un grand nombre de producteurs.

DOCUMENTS

Disponibles pour téléchargement : synthèse (8 pages), rapport (87 pages)

CONTACTS

Pour plus d'information, contacter à l'Institut de l'Elevage :

Jean DEVUN, Service actions régionales Centre Massif Central
Marion KENTZEL, Service actions régionales Sud Ouest
Philippe HAUREZ, Service Viande

VOIR AUSSI : communiqué VIGIE VIANDE N°226 du 04/11/04 

 

 

N° réf. :673

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