L’approvisionnement
régulier en agneaux, ou du moins en adéquation avec la demande
des consommateurs, est devenu un enjeu fort de développement
voire de pérennité des filières engagées dans des démarches
officielles de qualité. Si le développement de la
désaisonnalisation qui s’est opéré dans les années 1980
grâce aux techniques de traitements hormonaux, a permis un
relatif étalement de la production, les groupements restent
malgré tout confrontés à un manque d’agneaux à certaines
époques de l’année. Il semble que le problème se pose ainsi
moins sur le début de l’année mais de façon plus cruciale au
4Ième trimestre. La réglementation sur l’obligation
de déméduller les agneaux de plus de 12 kg de carcasse pourrait
accentuer le problème dans la mesure où les agneaux disponibles
à cette période sont principalement des agneaux nés au
printemps et reportés. La production d’agneaux jeunes sur la
fin de l’année ne pourra alors s’envisager qu’avec des
mises à la reproduction très précoces, sur mars avril.
La mise en place d’une
telle option technique sur des exploitations pose différentes
questions concernant notamment :
- l'adaptation quantitative et qualitative
de la production aux cahiers des charges des signes officiels
de qualité ;
- la faisabilité d’une mise à la
reproduction très précoce, certainement différentes selon
les régions et les types génétiques utilisées ;
- les contraintes de travail que cela peut
générer dans un contexte d’agrandissement des
exploitations qui oblige le plus souvent à simplifier les
conduites.
Cela est d’autant plus
important, qu’auparavant la désaisonnalisation s’est en
grande partie développée grâce à la possibilité de mieux
valoriser les agneaux, ce qui n’est plus forcément le cas
aujourd’hui. Cette orientation doit également se faire en
cohérence avec le cahier des charges des démarches qualité.
Cela étant, le fractionnement des périodes de mises bas sur l’exploitation,
en deux ou trois périodes principales, pourrait présenter un
certain nombre d’ atouts pour les éleveurs.
Programme
de travail :
Il s’agira dans un premier
temps de quantifier à l’échelle de l’année et par grand
bassin de production et/ou de consommation, le déséquilibre
entre la demande de la filière et les disponibilités. En dehors
des aspects quantitatifs cette analyse s’attachera à faire
ressortir l’importance de la qualité, ou de la non qualité en
terme d’adaptation du produit aux cahiers des charges. Cette
première phase de travail s’appuiera sur les données
disponibles mais également sur des enquêtes auprès des
groupements de producteurs et des principales structures d’abattage
des régions où la question se pose de manière cruciale.
Les atouts et les faiblesses
des systèmes de production qui auront été identifiés seront
analysés, ainsi que les solutions techniques qui permettent de
répondre à la préoccupation de l’étalement et leur
faisabilité selon les régions, en faisant apparaître les
contraintes qu’elles peuvent générer et leur degré de
technicité.
Ce travail mettra en œuvre
l’expertise de spécialistes des systèmes de production, de la
reproduction, de l’alimentation d’une part, et un travail d’enquêtes
auprès des entreprises.
Ce programme de travail mobilisera des
personnes des départements économie, actions régionales et
techniques d’élevage et qualité.