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Résumé : |
Contexte
:
L’affranchi est la
pratique qui consiste à ne garder que la partie tendre d’un
muscle (souvent la partie centrale), s’affranchissant ainsi des
parties les plus fermes (souvent les parties distales, assurant la
liaison avec les structures tendineuses). Cette pratique est un
des facteurs prioritaires de gestion de la tendreté. Elle doit
donc pouvoir être prise en compte comme facteur de variation de
la tendreté dans toute initiative visant à codifier les moyens
de maîtrise de la tendreté du produit. C’est précisément ce
qui a été fait par INTERBEV dans le " Guide de bonnes
pratiques filière bovine " ainsi que dans le
" Contrat de Transparence ". Cependant, la
pratique de l’affranchi est établie sur la base de dires d’experts,
mais pas sur celle d’éléments objectifs. C’est pourquoi,
Interbev en 1999 puis en 2001 a sollicité l’Institut de l'Elevage
pour confirmer ou infirmer expérimentalement le bien fondé de l’affranchi
et voir dans quelle mesure il était possible d’en préciser les
limites sur 6 muscles parmi la vingtaine cités par le "guide
de bonnes pratiques filière bovine". Les résultats de la
première étape obtenus sur 3 muscles (le rond de gîte, la
macreuse et la rond de tranche grasse choisis pour leur facilité
de préparation car présentant un affranchi longitudinal) ont
confirmé l'intérêt de la pratique de l'affranchi et ont même
démontré dans certains cas qu'il était possible de
l'améliorer. En revanche, les résultats de la seconde étape
(traitement en cours) portant sur 3 nouveaux muscles (le jumeau,
le mouvant et le plat de tranche grasse, choisis pour leur
affranchi "atypique") ne permettent de confirmer
l'intérêt de l'affranchi que sur un seul muscle : le jumeau. En
effet, les deux autres ( plat de tranche et mouvant) ne
présentent pas de différence de tendreté entre l'affranchi et
le muscle affranchi.
En conséquence à la
lumière de ces résultats, il a été décidé de poursuivre ce
travail sur les autres muscles concernés par l'affranchi,
notamment ceux cités par les cahiers des charges ("guide de
bonnes pratiques filière bovine" et "guide de
l'acheteur de viandes de gros bovins piécées
réfrigérées", qui sert de référentiel au
" contrat de transparence "). En effet, compte
tenu des implications de la pratique de l'affranchi, notamment
économique (moindre valorisation de l'affranchi), il est
indispensable de poursuivre ce travail pour confirmer ou infirmer
cette pratique sur les autres muscles concernés, afin de pouvoir
amender, si nécessaire, les cahiers des charges considérés.
Programme
de travail :
L'objectif de cette 3ème étude est de
vérifier, grâce à l'analyse sensorielle, que les conditions
d'affranchi définies par les professionnels sont pertinentes ou
pourraient le devenir moyennant quelques ajustements. Le travail a
consisté à comparer la tendreté de 4 tranches (au maximum) du
même muscle : 1 tranche issue de l'affranchi, les 3 autres issues
du muscle affranchi. 3 nouveaux muscles ont été étudiés (le
talon de tranche, le dessus de tranche et le gîte noix).
Par ailleurs, les différences de tendreté
intra-muscles ont été hiérarchisées par rapport à l'effet de
la maturation. De la même façon, la tendreté des affranchis de
6 muscles (rond de gîte, gîte noix, dessus de tranche, talon de
tranche, macreuse et mouvant) a été comparée. Ces comparaisons
ont eu pour objectif de mieux apprécier et relativiser la
pratique de l'affranchi, notamment vis à vis de certains cahiers
des charges qui exigent que les affranchis soient utilisés en
viande hachée ou en cuisson lente. L'approche économique
consistant à comparer la valorisation des muscles affranchis et
ceux qui ne le sont pas, constitue un argument supplémentaire à
ces comparaisons.
Résultats :
Les résultats démontrent la pertinence et
l'intérêt de la pratique de l'affranchi, même si pour le talon
de tranche et le gîte noix, les conditions d'affranchi doivent
être modifiées vis à vis de celles préconisées dans le code
de bonnes pratiques et d'utilisation des viandes. Les différences
de tendreté intra-muscles sont équivalentes à celles obtenues
via 7 jours de maturation, voire 3 fois plus importantes. La
comparaison de la tendreté des affranchis entre eux permet de
proposer un classement des 9 muscles étudiés selon leur niveau
de tendreté. Par ailleurs, les calculs réalisés montrent qu'un
déclassement systématique des affranchis en viande hachée
entraîne une dévalorisation de l'ensemble du muscle, obligeant
à augmenter le prix de vente du muscle affranchi. Cela fait
autant d'éléments à prendre en compte pour d'une part
relativiser la pratique de l'affranchi (notamment dans les cahiers
des charges de démarches collectives), et d'autre part
réfléchir à la possibilité d'entreprendre une étude
permettant de comparer la tendreté des affranchis et des muscles
affranchis entre eux pour tous les muscles concernés par cette
pratique.
DOCUMENTS DISPONIBLES :
rapport de l'étape N° 3 (26 pages)
FINANCEMENTS :
Cette action est cofinancée par l'OFIVAL et
INTERBEV.
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