CONTEXTE :
Depuis plusieurs années, le consommateur
est devenu de plus en plus sensible à la « valeur santé » des
aliments qu’il consomme, cette « valeur santé » reposant en
partie sur la fraction lipidique des produits. Les aliments
carnés, et notamment la viande bovine, véhiculent une image
négative car assimilés à un produit riche en graisse saturée
alors que les nutritionnistes préconisent des apports en graisses
insaturées et plus particulièrement en acides gras
poly-insaturés de structure n-3.
Au regard des résultats probants obtenus
chez la vache laitière, le porc ou la volaille, l’incorporation
de graine de lin, principale matière première naturellement
riche en acides gras de structure n-3, dans l’alimentation des
gros bovins est une voie intéressante pour augmenter la teneur de
ces acides gras dans la viande et ainsi rendre ce produit plus
conforme aux « attentes santé » du consommateur. Dans le
contexte actuel, ces perspectives d’amélioration des qualités
nutritionnelles peuvent contribuer à revaloriser la production de
l’élevage bovin. Mais pour se faire une idée réelle de l’intérêt
de cette démarche, il convient de connaître également des
éléments jusqu’à présent non pris en compte, à savoir :
- les modalités d’apport du lin pour
améliorer la composition de la viande tout en limitant son coût
de production,
- l’influence d’une augmentation de la
teneur des viandes en lipides poly-insaturés, donc plus sensibles
à l’oxydation, sur leurs qualités organoleptiques (flaveur et
couleur) et leur aptitude à la conservation dans le contexte
français de transformation et de consommation des viandes.
PROGRAMME DE TRAVAIL :
La valorisation de la graine de lin par les
bovins à l’engraissement sera étudiée à travers deux séries
d’essais. La première année a été consacrée à l’étude
de la forme de présentation de la graine de lin (extrudée ou
aplatie) alors que la seconde visera à préciser les quantités
et durées d’apport du lin. Ces essais seront conduits sur des
femelles, produit cible de ce type de démarche, et des jeunes
bovins, pour apprécier l’interaction animale (4 essais par an).
L’enrichissement de la viande en acides
gras potentiellement intéressants pour la santé humaine a été
étudié sur ces animaux en prenant en compte pour certains d’entre
eux la variabilité musculaire (muscles plus ou moins maigres).
Par ailleurs des analyses visant à apprécier les qualités
organoleptiques des viandes et leur aptitude à la conservation
ont été effectuées en tenant compte d’éventuelles variations
suivant le muscle et le circuit de conservation (circuit plus ou
moins favorable à l’oxydation des lipides).
RESULTATS :
Il est rappelé que l'action doit se
poursuivre en 2004. Les résultats présentés ici sont donc des
résultats intermédiaires et il convient de les considérer avec
prudence car ils devront être confirmés par ceux obtenus dans la
suite du programme.
L’incidence d’un apport en finition de
graines de lin extrudées ou aplaties sur les qualités des
carcasses semble très limitée : le poids et le classement des
carcasses ne sont pas modifiés ni même la qualité du gras de
couverture. S’agissant de l’état d’engraissement apprécié
par les quantités de gras enlevés à l’abattage, le dispositif
n’a pas permis de conclure. De même, la qualité des viandes
appréciée à la coupe primaire semble peu influencée par l’apport
de lin aux animaux : les viandes n’apparaissent ni plus grasses
ni plus rouges lors d’une appréciation visuelle.
D’un point de vue nutritionnel, l’apport
de lin aux animaux induit une modification de la composition en
acides gras des viandes. Avec un apport de 750 g de graines de lin
extrudées pendant les 100 derniers jours de finition des animaux,
la teneur en C18:3 n-3 est multipliée par 3. De ce point de vue,
ce type de finition est équivalent à une finition avec de l’herbe
jeune. Dans le même temps, l’apport de lin permet de diminuer
le rapport AG n-6 / AG n-3, le rendant ainsi plus conforme aux
recommandations nutritionnelles (inférieur à 5). Avec l’utilisation
de graines de lin aplaties, le bénéfice est un peu atténué
dans la mesure où l’enrichissement des viandes en C18:3 n-3 est
inférieur d’environ 30 % à celui observé avec la graine de
lin extrudée.
En terme de qualités perçues en bouche, il
semblerait que l’apport de lin, malgré un enrichissement des
viandes en acides gras polyinsaturés, n’ait pas d’incidence
sur la flaveur des viandes, quel que soit le muscle (Long Dorsal
ou Psoas Majeur) et le circuit de conservation étudiés. En
revanche, le dispositif n’a pas permis de conclure pour la
tendreté et la jutosité.
DOCUMENTS DISPONIBLES
: 
rapport
d'étape (32 pages)
FINANCEMENTS :
Cette action fait l’objet d’un projet
pluriannuel (2002, 2003, 2004) déposé à l’ACTA. Le volet
"production" est entièrement financé par l’ACTA ; le
volet "produit" est cofinancé par l’OFIVAL et
INTERBEV.