CONTEXTE ET
OBJECTIFS
Dans un souci de traçabilité des
pièces de porc en aval de la découpe primaire, le projet visait
à réunir les éléments nécessaires à l’élaboration d’un
pré-protoype basé sur la vision numérique couleur en vue de l’identification
automatique des identifiants visuels des pièces de porc
(figure1).
L’objectif était de concevoir un
système permettant :
- le repérage sur la pièce de l’identifiant
visuel,
- le positionnement fin du capteur
(caméra) pour permettre la perception optimale de l’identifiant,
- la lecture de l’identifiant, c’est
à dire la reconnaissance de sa signification au sein de l’image
perçue,
Le principal verrou technologique
diagnostiqué au démarrage du projet, ce qui constituait l’essentiel
des travaux à réaliser, était l’élaboration des algorithmes
de traitement d’image au cœur de l’étape 1 et l’élaboration
des algorithmes de positionnement de la tête de lecture au cœur
de l’étape 2.
Ce projet devait également
permettre de définir des prescriptions, en amont de ces trois
étapes, en matière d’éclairage des pièces et de propriétés
des encres utilisées pour le marquage des identifiants, de façon
à optimiser la fiabilité du processus.
La lecture de l’identifiant
était par contre envisagée comme une question déjà bien
résolue et pour laquelle le travail ne consisterait qu’à
assurer l’intégrabilité au pré-prototype des éléments du
commerce.
La validation des résultats était
prévue par des tests in situ ou sur la plate-forme d’asservissement
visuel du Cemagref, ceci devant permettre l’élaboration du
cahier des charges du pré-prototype, la réalisation ou non de
celui-ci ne relevant pas du projet mais d’une éventuelle phase
ultérieure de valorisation.
RESULTATS DE L'ETUDE
L’éclairage et à la
spécification de l’encre :
Un système d’éclairage direct a
été étudié, beaucoup moins encombrant et coûteux qu’une
version basée sur un éclairage diffus. Cette étude a conduit à
spécifier des contraintes sur la géométrie éclairage / objet /
caméra. Concernant la couleur de l’encre, il a été montré qu’une
encre de couleur bleue claire était la plus à même de se
différencier des autres couleurs susceptibles d’être
présentes sur une pièce de porc. Malheureusement, une telle
encre n’existe pas actuellement. De plus, les capteurs CCD
classiques ne sont pas adaptés à ces valeurs de longueur d’onde.
La localisation de l’identifiant
sur la pièce :
L’algorithme proposé est
performant puisqu’un taux de réussite de 99% a été obtenu. De
plus, il est indépendant de la forme de l’identifiant, de la
couleur du support et de la concentration de l’encre utilisée,
seule la couleur de l’encre est requise.
Le positionnement de la caméra
face à l’identifiant :
Des algorithmes d’asservissement
visuel ont été élaborés. Deux approches ont été proposées.
Une première approche concerne l’utilisation d’un éclairage
structuré (cf. présentation plus détaillée infra). Cette
façon de faire permet de créer des informations visuelles dans
la scène lorsque celles présentes ne sont pas assez robustes
pour être utilisées dans une loi de commande. Deux cas de figure
ont été étudiés suivant que l’éclairage est porté ou non
par la caméra. Dans tous les cas, les lois de commande proposées
permettent de positionner correctement la caméra, même si des
améliorations restent à réaliser dans le cas déporté.
L’autre approche utilise
directement des informations visuelles présentes sur l’objet.
Des algorithmes ont été élaborés de manière à être robustes
vis-à-vis des variations d’éclairage dues à la source ou au
déplacement de la caméra par rapport à l’objet. Ils sont
également robustes à l’apparition de spécularités. D’une
façon générale, ils améliorent fortement les performances des
techniques proposées jusqu’alors dans la littérature.
La lecture de l’identifiant :
Cette question qui était supposée
quasi résolue s’est en fait révélée la plus délicate compte
tenu de la courbure du support et de la déformation de l’identifiant
en cours de croissance du porc, variable d’un individu à l’autre.
En cours de projet, les moyens ont dû être réorientés sur l’amélioration
de la résolution de cette question, sans pour autant que les
progrès accomplis puissent être jugés pleinement satisfaisants.
Tout d’abord a été étudiée la
possibilité de corriger l’image du marquage dans le cas où son
support se situe dans une zone à forte courbure. Cette courbure a
été obtenue grâce à l’utilisation d’un éclairage
structuré et codé (le même que celui utilisé pour déplacer la
caméra). Des résultats très satisfaisants ont pu être obtenus.
La courbure étant connue, un algorithme de correction de l’image
de l’identifiant a été élaboré. Malheureusement, il conduit
pour l’instant à des temps de calcul prohibitifs sur un
calculateur standard et nécessite une caméra à haute
résolution pour pouvoir procurer des images exploitables.
Il a fallu alors en revenir à une
utilisation des images brutes.
Une phase de segmentation des
caractères, préalable à l’algorithme de reconnaissance des
caractères proprement dit, est alors apparue nécessaire. Cette
phase s’est avérée poser de nombreux problèmes et les
résultats obtenus sont décevants. Plus de robustesse vis-à-vis
de l’image de l’identifiant est nécessaire mais également un
dispositif d’impression conduisant à des images de meilleure
qualité.
Au final, la mise en œuvre d’algorithmes
de reconnaissance optique de caractères est apparue comme une
solution envisageable. Ce type d’algorithme dépend, en fait,
fortement de la phase précédente de segmentation. Toutefois, les
résultats obtenus sont plutôt bons, même si des améliorations
demeurent possibles. En particulier, aucune connaissance a priori
n’a été utilisée, comme la police des caractères par
exemple.
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: M Davenel
CEMAGREF Rennes
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