La tendreté de la viande est un
des principaux critère de qualité pour le consommateur. Il
s'agit d'un facteur de réachat du produit et de fidélisation de
la clientèle. Or, actuellement, il n'existe aucune méthode de
mesure objective de la tendreté utilisable en routine dans
l'industrie.
En laboratoire, il existe des
systèmes permettant d'évaluer des caractéristiques physiques
liées à la tendreté (mesures texturométriques et mesures de la
longueur des sarcomères) qui permettent d'évaluer les
différentes composantes de la tendreté (collagénique et
myofibrillaire). Ces méthodes de mesure ne sont pas utilisables
en routine dans l'industrie de la viande.
Un étude de faisabilité (cf.
fiche résumé OFIVAL n° 373) a été menée par l'ADIV et l'ENITA
de CLERMONT-FERRAND sur la mesure de la tendreté par
spectroscopie de fluorescence frontale, avec le concours financier
de l'OFIVAL et d'INTERBEV sur la période septembre 1999-juin
2000. Elle a permis de :
- définir les conditions
d'acquisition et le mode opératoire pour appliquer la méthode
sur la viande bovine,
- montrer que la technique peut non
seulement discriminer des muscles en fonction de leur dureté de
base mais également en fonction de la durée de maturation avec
un taux de réussite de 82 à 85% si l'on prend en compte le type
de muscle
Le programme "étude de
validation de la détermination de la tendreté de la viande
bovine par une méthode rapide non destructive : la spectroscopie
de fluorescence frontale" s'est situé dans le prolongement
du programme précédent (cf. fiche résumé OFIVAL n° 602). Il a
permis de :
1) Adapter l’appareil de mesure
(notamment le capteur) et la méthode de mesure pour qu’ils
soient utilisables sur site de manière non invasive (sans
nécessiter le prélèvement d’un échantillon) et rapide,
2) Faire une campagne de validation
de la méthode in situ dans des entreprises sur un grand nombre d’échantillons
et de muscles,
3) Evaluer la méthode par rapport
à des résultats d’analyses sensorielles effectuées par un
groupe d’experts entraînés.
Les résultats obtenus par cette
méthode sont excellents et pourraient être utilisés pour faire
de la prédiction de résultats sensoriels. Pour les mesures sur
site, l'ADIV avait construit un spectromètre modulaire qui a
donné de moins bons résultats (R=0.769) que l'appareil de
laboratoire. Mais ceci devrait pouvoir être amélioré par la
construction d'un appareil spécifique par un constructeur
d'équipement spécialisé dans le le domaine de la spectroscopie.
Un article de synthèse intitulé
"Les spectres de fluorescence frontale : une empreinte
digitale de la viande" est disponible dans la revue
"Viandes & Produits Carnés", vol. 22 (1), p9-14.
En décembre 2001, un brevet a
été déposé sur cette technique dont INTERBEV, l’OFIVAL et l’ADIV
sont les copropriétaires. Une licence d’exploitation de ce
brevet a été concédée à ADIV Développement. Actuellement, un
appareil portable est en cours de développement en collaboration
avec une société spécialisée dans la conception et la
fabrication d’appareils optiques.
OBJECTIFS :
Le présent programme avait pour objectif :
- de réaliser la calibration de l’appareil
portable mis au point afin de le rendre opérationnel en routine
et utilisable par les professionnels,
- de définir les conditions d’utilisation
permettant d’obtenir des résultats fiables et reproductibles en
conditions industrielles.
RESULTATS :
CALIBRATION : compte tenu des résultats
décevants de la calibration par rapport à l'analyse sensorielle,
il a été décidé de faire la calibration par rapport aux
mesures texturométriques (énergie de compression à 20% de l’épaisseur).La
calibration a été réalisée sur différents types d’animaux
(réformes, génisses, jeunes bovins), différents muscles
(entrecôte, faux-filet, macreuse, rond de gîte, tende de
tranche). La calibration a donné de bons résultats aussi bien
sur l’ensemble des échantillons que par catégorie de muscle.
CONDITIONS D'UTILISATION : Les mesures de
répétabilité et reproductibilité ont donné de bons résultats
(répétabilité comprise entre 1,8% et 3,1% - reproductibilité
de 2,6%). On a également recherché des muscles pouvant servir de
mesure de référence pour estimer la tendreté « moyenne » d’une
carcasse. Les résultats obtenus ne sont pas bons si l’on
considère l’ensemble des muscles d’une carcasse. Par contre,
les résultats sont bons si l’on considère chaque muscle pris
individuellement. Autrement dit, il n’est pas possible de
trouver un muscle de référence permettant d’estimer la
tendreté « moyenne » d’une carcasse mais des mesures sur les
muscles de référence (en particulier la chaînette) permettent d’estimer
la tendreté d’autres muscles pris individuellement. La
validation de l’appareil effectuée sur des muscles « tout
venant » n’a pas donné de bons résultats. Il s’est avéré
que le passage de l’alimentation secteur à l’alimentation sur
batterie avait entraîné une chute de la puissance de la lampe et
donc une réduction de 30% de l’intensité des spectres de
fluorescence. L’appareil a été renvoyé chez le concepteur
afin de résoudre ce problème.
FINANCEMENTS :
Ce programme est cofinancé par INTERBEV, l'ADIV,
et l'OFIVAL.
Pour tout renseignement complémentaire,
contacter l'ADIV.