LES CAHIERS DE L'OFIVAL
L'élevage et les filières bovines en Pologne
Etude réalisée par l'Institut de l'Elevage pour le compte de l'OFIVAL
Parue en novembre 2002
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Prix : 23 €
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OBJECTIFS DE L'ETUDE
La Pologne est un des principaux pays agricoles des PECO et est candidate à l'adhésion à l'Union européenne.
L'étude analysera la situation des filières lait et viande dans ce pays. Elle décrira les structures, les systèmes en œuvre, les principaux circuits commerciaux et entreprises d'abattage et/ou de transformation et dégagera leurs éléments de compétitivité ou de handicap.
Les perspectives d'évolution de la consommation seront dressées afin d'en dégager quelques conséquences pour la production et les outils de transformation. Les incidences de l'adhésion de la Pologne sur les échanges et la production européenne de viande bovine seront aussi mesurées.
I - L'ELEVAGE BOVIN EN POLOGNE : SUBSISTANCE ET MODERNISATION
L'agriculture, clef de l'économie polonaise
Le secteur laitier, en voie de bipolarisation
Un développement régional inégal
Les ovins perdus dans la tourmente libérale
II - LA FILIERE VIANDE BOVINE EN POLOGNE
Une production subsidiaire
Une production dévalorisée
Consommation : où s'arrêtera la chute ?
Les grosses entreprises à la recherche de stratégies rentables
Exports d'animaux vivants : le débouché italien en question
Le commerce extérieur en viande
L'avenir n'est-il pas dans le marché intérieur ?
III - LA FILIERE LAITIERE EN POLOGNE
Un aval en mal de reconstruction et de modernisation
Une filière en lente reconstruction
Lait et produits frais : en panne de développement
Fromages : un secteur en expansion
Beurre : un marché en quête d'équilibre
Des poudres pour l'export
Le niveau de quota, fondamental pour la filière
DES NEGOCIATIONS DECISIVES 115
ANNEXES
Des 10 pays qui rejoindront l'Union européenne en 2004, la Pologne représente le "gros morceau" en matière agricole. Elle totalise en effet 13% de la SAU de l'UE actuelle et le quart des exploitations agricoles. Dans le cadre de cette adhésion, le secteur de l'élevage bovin, laitier avant tout, constitue un enjeu majeur. Présent dans près d'un million d'exploitations, soit plus de la moitié des exploitations agricoles, il joue encore un rôle social déterminant.
Après une histoire très chahutée depuis 1989, marquée en particulier par la privatisation des fermes d'Etat, la décapitalisation bovine dans les exploitations privées, puis l'arrêt de la collecte des laits de mauvaise qualité (classe 3), des structures familiales professionnelles ont commencé à émerger à partir du milieu des années 90, en particulier dans les régions herbagères du Nord et de l'Est ou à l'Ouest. Sous l'impulsion des laiteries, la spécialisation laitière, la holsteinisation, l'intensification animale et la modernisation des équipements et des bâtiments sont les moteurs d'une croissance rapide de la production de lait dans ces exploitations. Mais à côté de ce noyau porteur du dynamisme laitier polonais, il reste, notamment dans le centre et le sud-est du pays une multitude de micro-structures de polyculture-élevage qui restent bloquées vis à vis de toute croissance et n'ont pour seul horizon que la survie. Aujourd'hui délaissées par les pouvoirs publics et les laiteries, leur avenir dépendra beaucoup des mesures sociales que le Gouvernement polonais et l'Union européenne seront prêts à mettre en œuvre.
Face au renouveau de la production, qui n'en est encore qu'à ses balbutiements, les premières propositions de niveau de quota laitier qui pourrait être attribué à la Pologne au moment de son adhésion à l'UE (8,875 millions de tonnes pour une collecte et des ventes directes totalisant déjà 8,737 millions de tonnes et une autoconsommation estimée 3,2 millions de tonnes) sont d'ores et déjà porteuses d'un dérapage des quantités de lait produites. Du côté des Polonais, la demande d'un quota plus élevé se heurte cependant à des perspectives incertaines en matière de débouchés. Depuis son creux de 1995, la consommation intérieure de produits laitiers n'est pas parvenue à décoller durablement. Bridés par des prix trop élevés et le faible pouvoir d'achat de la population, les produits frais et les fromages n'ont pas enrayé la chute de la demande en produits traditionnels (lait liquide, crème, beurre, fromages frais). C'est finalement le marché mondial qui absorbe le surplus de collecte et de fabrications industrielles, apportant même un vent d'euphorie sur la filière en 2000 et 2001. Mais depuis la fin 2001, dans un contexte mondial et intérieur très déprimé, la collecte laitière polonaise rencontre des difficultés croissantes d'écoulement. Avec les baisses des prix du lait pratiquées par les laiteries en 2002, le risque est grand de mettre en péril les producteurs qui venaient juste d'investir.
Contrairement à la production laitière, l'heure est encore au déclin dans la filière viande bovine. Cette dernière, qui a subi de plein fouet la décapitalisation depuis 1989, n'atteint plus que 300 000 tonnes d'équivalent carcasse. Elle n'est plus qu'une production subsidiaire du lait, avec peu d'engraisseurs et un cheptel allaitant marginal. La production de jeunes bovins se limite à près de 700 000 têtes et pèse pour un peu plus de la moitié dans la viande bovine polonaise.
Transformée pour plus de la moitié en charcuterie et en conserves où elle est valorisée à des prix inférieurs à ceux du porc, la viande bovine est rarement un enjeu stratégique pour les entreprises. Le déclin de la consommation intérieure n'a en effet pas cessé depuis 1990, accentué par la crise ESB de 2000, pour atteindre aujourd'hui un niveau inférieur à 6 kg/habitant, soit 9% de la consommation totale de viandes. Les perspectives de la filière viande bovine polonaise ne sont donc pas brillantes d'autant que l'exportation n'est plus la panacée. En viande, elle pâtit d'une monnaie surévaluée et d'une offre peu adaptée aux exigences des marchés extérieurs. En veaux et en broutards, elle pourrait être remise en cause par la stricte application de la réglementation européenne sur l'identification. Comme pour le lait, seule une reprise de la demande polonaise, qui est sans doute parvenue à un étiage, pourrait redonner espoir à cette filière.