LES CAHIERS DE L'OFIVAL

 

Les Filières viandes en Pologne

Etude réalisée par Alix Dutilleux, Janvier 2005

 

SOMMAIRE

PRINCIPALES CONCLUSIONS

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Page de couverture

Le texte intégral de l'étude 113p est disponible sur le site en version imprimable ( accès gratuit ) .

 

OBJECTIFS DE L'ETUDE :

L’élargissement de l’Union européenne, le 1er mai 2004, à dix nouveaux Etats membres fut le plus important jamais réalisé depuis la création de la Communauté Economique Européenne en 1957. Il fait suite à un long cheminement de rapprochement politique et économique entre ces pays et l’Union européenne. Initié avec les premiers d’entre eux dès le milieu des années 80 au travers d’accords de coopération, puis renforcé après la chute du Mur de Berlin en 1989 avec la mise en œuvre d’accords d’association, le processus s’est accéléré lors du Conseil européen de Copenhague, en juin 2003, où les quinze chefs d’Etats de l’Union européenne ont proposé à cinq Pays d’Europe Centrale et Orientale (Hongrie, Pologne, R. tchèque, Slovaquie, Slovénie), aux Pays Baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), à Chypre et à Malte de rejoindre l’Union européenne le 1er mai 2004.

Du fait du poids de son agriculture dans l’économie locale (3,1 % du PIB contre 1,7 % dans l’UE à 15), de l’importance de la population tournée vers l’agriculture (19,7 % contre 4,2 % dans l’Union européenne à 15), mais aussi de la part de son agriculture dans celle de l’Union européenne (10,8 % de la SAU et 5,2 % de la production agricole de l’UE à 25), la Pologne s’est rapidement imposé aux yeux des acteurs et observateurs du monde agricole d’Europe de l’Ouest comme un des pays susceptibles d’influer sur les dynamiques des productions agricoles européennes et modifier les flux intra-communautaires de produits agroalimentaires. Ainsi, l’analyse des filières agricoles polonaises est apparue comme un préalable nécessaire à l’évaluation des conséquences de son entrée dans l’Union européenne et à l’appréhension des nouveaux équilibres en son sein.

Dans le domaine des productions animales, la Pologne occupe désormais la place de 4ème pays producteur de porcs et 6ème pays producteur de volailles au sein de l’Union européenne élargie. Elle détient, par ailleurs, le 3ème cheptel laitier de l’Union européenne dont les animaux de réforme assurent l’essentiel de la production de viande bovine de ce pays. A la différence de ceux de la plupart des autres nouveaux Etats membres, le secteur agricole polonais a connu peu d’évolutions majeures depuis la chute du communisme, la configuration des systèmes d’exploitation n’a guère changé, en raison de l’absence de réelle politique agricole et de développement rural. La petite paysannerie, qui détenait en 1992 trois quarts de la SAU, reste encore la première force agricole de la Pologne tout en pratiquant une forme d’agriculture dite de semi-subsistance. L’entrée de la Pologne dans l’Union européenne pourrait précipiter les réformes dans le secteur agricole et provoquer dans ce pays de profonds changements dans les années à venir. Mais, la Pologne, baignée par une diversité de climats, détient aussi un bien stratégique, l’espace agricole. La conjugaison de ces deux éléments naturels offre au secteur agricole polonais de multiples possibilités pour structurer et développer des filières de productions végétales et animales compétitives à même de concurrencer celles d’Europe de l’Ouest.

Ce document tente de faire un état des lieux, aussi complet que possible, des principales filières viandes (bovine, porcine et avicoles), en intégrant les activités situées en amont de la production (productions de matières premières végétales, alimentation du bétail, génétique) et en aval (abattage-découpe, transformation). Une attention particulière a été apportée concernant la répartition géographique des productions et la caractérisation des exploitations. Ces analyses permettent d’esquisser les perspectives d’évolution de ces filières et de mettre en évidence les opportunités pour les opérateurs européens, qu’ils soient situés en amont ou aval de la production.

Les éléments présentés devraient également permettre d’évaluer la capacité à moyen et long terme des filières animales polonaises à proposer des produits, allant des animaux vivants à des denrées alimentaires élaborées et transformées, à prix compétitifs sur le marché de l’Union européenne et ainsi d’évaluer la concurrence que pourraient exercer les filières animales polonaises sur les bassins de production situés en Europe de l’Ouest.