LES CAHIERS DE L'OFIVAL
Analyse du secteur français des
ovoproduits
et perspectives d'évolution
Etude réalisée par l’ITAVI pour le compte de l’OFIVAL
Parue en mai 2004
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L’objectif de cette étude est de faire le point sur les évolutions quantitatives et qualitatives récentes de l’offre et de la demande française en ovoproduits et de dresser des perspectives d’évolution pour le secteur dans un contexte réglementaire et international très évolutif : mise en œuvre de la Directive 99/74 relative à la protection des poules pondeuses, évolution des réglementations sanitaires, élargissement de l’Union européenne à dix nouveaux Etats Membres et entrée dans un nouveau cycle de négociations à l’Organisation Mondiale du Commerce.
Il s’agit notamment d’appréhender, à l’horizon 2012, date butoir de la directive bien-être, la compétitivité du secteur français des ovoproduits. Pour cela, il semble nécessaire de rendre compte des diverses stratégies, d’approvisionnement ou de commercialisation, mises en œuvre par les opérateurs. Ces derniers doivent en effet se maintenir sur un marché communautaire voire mondial qui est sur le point d’ouvrir ses portes à des pays tiers qui ne sont pas soumis aux mêmes contraintes réglementaires, et donc par conséquent, qui n’ont pas les mêmes coûts de production.
RESUME
Une analyse du secteur des ovoproduits en France a été conduite par l’ITAVI de mars à octobre 2003. L’objectif de ce travail était de faire le point sur les évolutions quantitatives et qualitatives récentes de l’offre et de la demande française et de dresser des perspectives d’évolution pour le secteur dans un contexte réglementaire et international très évolutif. Pour cela, des fabricants d’ovoproduits et des utilisateurs (industriels ou opérateurs de la restauration ) ont été rencontrés.
Une part croissante de la production d'œufs est transformée par l'industrie des ovoproduits. En 2002, le SCEES recensait une production de 221.455 tonnes équivalent liquide, soit près de 260.000 tonnes équivalent œufs coquille, en léger repli par rapport à 2001. Si l’on ajoute à cette production recensée par le SCEES, la production d’ovoproduits cuits élaborés, estimés à partir des enquêtes menées auprès des différents opérateurs, on peut estimer la production totale à près de 240.000 tonnes équivalent liquide, soit 280.000 tonnes équivalent œufs en coquille, ce qui représente 30 % de la production nationale d’œufs.
Avec 250 œufs consommés en moyenne sur les 3 dernières années, le français demeure l'un des plus gros consommateurs d'œufs de l'Union européenne. La part des ovoproduits dans la consommation globale est passée de 20 % il y a dix ans à 28 % aujourd’hui. Les débouchés des ovoproduits se répartissent entre industrie et restauration hors domicile.
Les enjeux pour la filière française dans les prochaines années seront de conserver une compétitivité prix dans un contexte de libéralisation des échanges et de durcissement des normes réglementaires (bien être animal et sanitaire), tout en répondant aux exigences croissantes des utilisateurs.
Aujourd’hui, la tendance semble à la spécialisation de certains élevages dans la fabrication d’ovoproduits, qui répond aux attentes des utilisateurs, en terme de qualité des œufs coquilles utilisés et de traçabilité. Cependant, on peut s’interroger sur les stratégies à mettre en place à l’avenir : spécialisation des élevages et des cheptels produisant des œufs pour la transformation ou recherche de complémentarité entre le circuit GMS et l’industrie.
Dans le cadre de la mise en œuvre de la directive " bien être " et des nouvelles négociations internationales, notamment de l’ouverture des marchés et d’une diminution plausible des taxes à l’importation, le risque existe de voir se développer les importations d’œufs ou d’ovoproduits en provenance des Pays Tiers. Alors que les exigences en terme de traçabilité sont grandissantes, s’approvisionner hors UE ne semble possible qu’à condition d’y avoir réalisé au préalable des audits en élevages, pour remonter jusqu’en amont, ou alors, le cas échéant, de s’y implanter.
Dans ce contexte, le marché des ovoproduits cuits élaborés, à plus forte valeur ajoutée devrait présenter des opportunités de développement intéressantes, même si le développement observé en RHD jusqu’à aujourd’hui apparaît plus modeste que celui que l’on pouvait attendre.