LES CAHIERS DE L'OFIVAL
La compétitivité des outils industriels français dans le secteur abattage - découpe de viande de porc
Etude réalisée par le
GIRA pour le compte de l'OFIVAL
Parue en décembre 2003
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L’étude réalisée par le GIRA a eu pour objectif d’évaluer la compétitivité de la filière porcine française par rapport à ses concurrents européens, notamment danois, néerlandais et espagnol. Les principaux thèmes qui y sont développés sont :
Cette analyse des forces et des faiblesses du secteur de l’abattage-découpe français par rapport à ses concurrents a permis d’élaborer un ensemble de recommandations et de pistes de réflexion pour l’ensemble des acteurs de la filière porcine française.

Le contexte
Depuis 1994, la France est excédentaire nette en viande de porc et la production s’est accrue à un rythme plus soutenu que la consommation. La filière porcine française est confrontée, d’une part, à la nécessité de commercialiser une partie croissante de sa production sur les marchés européens et internationaux et, d’autre part, à la présence des les opérateurs européens, notamment espagnols, néerlandais et danois sur le marché français des produits destinés à la transformation. Bien que les volumes importés soient relativement stables depuis plusieurs années, la concurrence, axée sur une logique de prix bas, s’est exacerbée. Ainsi, à l’exportation comme à l’importation, les opérateurs français sont face à des stratégies commerciales fort différentes, mais redoutables et en mesure de déstabiliser à terme le maillon abattage-découpe français. Enfin, sur le marché intérieur, la consommation totale de viande de porc est relativement stable depuis plusieurs années.
Face à un contexte national qui a fortement changé au cours de la dernière décennie, L’OFIVAL a commandé une étude approfondie sur l’évolution du contexte concurrentiel dans lequel évolue un des maillons important de la filière porcine : le secteur de l’abattage-découpe.
Les objectifs
L’étude réalisée par le GIRA a eu pour objectif d’évaluer la compétitivité des outils industriels français par rapport à leurs concurrents européens, notamment danois, néerlandais et espagnol. Il s’agissait :
L’analyse des forces et des faiblesses du secteur de l’abattage-découpe français par rapport ses concurrents a permis au cabinet GIRA d’élaborer un ensemble de recommandations et de pistes de réflexion pour l’ensemble des acteurs de la filière porcine française.
Quelques conclusions de l’étude
Les outils d’abattage français souffrent d’un manque de concentration horizontale nécessaire, pour " s’imposer " face aux GMS sur le marché français. Une dizaine d’abattoirs de taille importante se battent chaque semaine pour décrocher des contrats auprès de ces dernières. Les deux plus grosses sociétés françaises du secteur de l’abattage-découpe, qui ne réalisent chacune que 12 % des tonnages traités sur le territoire national, ne sont pas en mesure de peser dans la négociation commerciale face au secteur de la distribution, aujourd’hui très concentré. Les cinq principales enseignes françaises de la grande distribution sont en position de force pour faire jouer la concurrence et obtenir des prix attractifs. GIRA estime que, pour inverser ce rapport de force, il est nécessaire que le secteur de l’abattage-découpe s’organise et se regroupe de façon à ce que le premier groupe français puisse contrôler au moins 25 % des tonnages nationaux.
La création de valeur ajoutée, au travers de la découpe et du désossage, est également un point faible du secteur de l’abattage-découpe français. Le taux de découpe primaire ne s’élève qu’à 68 % en France et est comparable à celui de l’Espagne (67 %), alors qu’il atteint 92 % aux Pays-Bas et 98 % au Danemark. De même, la France accuse un retard concernant le développement de la découpe secondaire et l’élaboration de produits transformés frais. Les investissements, actuellement insuffisants dans ces domaines, sont nécessaires pour pouvoir accroître le niveau de valorisation des carcasses et pour être en mesure de répondre aux attentes des clients. Par ailleurs, d’autres voies, telles que la création de marques, de certification…, méritent d’être explorées.
Le secteur de l’abattage-découpe français n’est que très faiblement impliqué dans le secteur de transformation. Pour capter plus de valeur ajoutée, les outils industriels notamment danois et néerlandais ont renforcé leur présence dans la fabrication de produits transformés. Malgré un contexte français peu favorable à des acquisitions, cette logique pourrait être envisagée sous certaines conditions.
A l’exportation, la stratégie commerciale des opérateurs français est essentiellement basée sur une politique de bas prix comme le font, avec encore plus d’agressivité, les espagnols. Les opérateurs doivent progressivement délaisser la seule stratégie de l’équilibre matière et investir dans une dynamique de recherche de marchés à forte valeur ajoutée. Pour y parvenir, l’activité de découpe et de désossage doit progresser dans les outils français et les structures de commercialisation doivent être renforcées.
L’index de compétitivité, créé par GIRA et qui synthétise 12 critères (sécurité d’approvisionnement, rayon d’approvisionnement, taux de découpe, efficacité industrielle…), s’élève à 2,2 points pour la France, contre 4,4 points pour le Danemark et 3,0 points pour l’Espagne. Le secteur abattage-découpe français apparaît mal placée, comparativement à ses concurrents, concernant les domaines de la croissance des volumes possibles, de la découpe primaire et secondaire, des investissements et de la force de vente. En revanche, le rayon d’approvisionnement et les techniques industrielles sont les deux principales forces des outils français.
La rentabilité économique des outils français, pris dans leur globalité, est inférieure à celle de ces concurrents. Le bénéfice net, exprimé en % du chiffre d’affaires, est inférieur à 1 % en France, alors qu’il dépasse 2 % en Espagne et atteint 3 % au Danemark.
Face à une probable diminution de la production porcine française dans les cinq ans à venir, des efforts de modernisation et de restructuration sont nécessaires pour restaurer la capacité concurrentielle des outils français.
Résumé rédigé par l’OFIVAL