LES CAHIERS DE L'OFIVAL

Produire du porc à coût faible : dans quelles conditions ?

Etude réalisée par l’Institut Technique du Porc pour le compte de l’OFIVAL

Parue en septembre 2002

 

SOMMAIRE

PRINCIPALES CONCLUSIONS

POUR COMMANDER

 

Prix : 23 €

OBJECTIFS DE L'ETUDE

 

SOMMAIRE

 

Introduction générale

 

Partie 1 : Caractérisation des élevages français obtenant les coûts les plus faibles

I. Objectifs, matériel et méthode

1. Définition du coût de production

2. Position du problème et objectif de l’étude

3. Matériel utilisé

4. Méthode

II. Résultats

1.Caractéristiques des 120 éleveurs aux coûts les plus bas

          2.Typologie d’élevages

3. Caractéristiques des élevages à coûts faibles selon leur profil

 

Conclusion

 

Partie 2 : Situation du coût français par rapport à certains bassins de production à coûts réputés faibles

I. Introduction

II. Coûts de la production porcine aux États-Unis

1. Résultats d’élevage

2. Prix des facteurs

3. Perspectives

4. Conclusion

III. Coûts et résultats de la production porcine dans les régions productrices du nord de l'Espagne (Catalogne, Aragon, Navarre)

1. Les sources d’information sur les références d’élevage toujours rares

2. La productivité des truies est inférieure à celle des françaises

3. Les performances techniques s'améliorent

4. Le coût moyen de l’alimentation est plus élevé

5. Les charges de structure sont toujours un facteur de compétitivité

6. Le coût de production est inférieur au coût français

7. Conclusion

IV. Coûts de la production porcine en Pologne

1. Présentation de la situation de production porcine en Pologne

2. Elaboration de scénarios d’avenir avec l’élargissement de l’UE-15

3. Conclusion

 

 

Partie 3 : Exploration des voies d’amélioration des coûts en France

I. De nouveaux progrès de la technicité sont-ils possibles ?

1. La voie de la productivité quantitative du troupeau

2. La voie de l’efficacité alimentaire

3. Amélioration des statuts sanitaires

4. Peut-on attendre un saut technologique ?

II. La diminution du prix des facteurs

1. L’aliment

2. Les investissements

3. Le travail

III. Optimisation de systèmes d’élevages

1. Les économies d’échelle

2. L’orientation de l’élevage et son organisation

3. Des systèmes d’exploitation optimisés ou plus autonomes

IV. Augmentation des coûts en raison des contraintes de société

1. Les nouvelles préoccupations de la société

2. Les surcoûts engendrés

V. Autres éléments du débat

1. Les modalités concrètes de la concurrence commerciale

2. D’autres voies stratégiques

VI. Conclusion

Conclusion générale

Bibliographie

ANNEXES

RESUME

Après une définition précise du coût de production, le matériel d’étude utilisé est présenté : il concerne 20% des élevages naisseurs-engraisseurs suivis en Tableau de Bord en 2000, soit 120 élevages ayant les coûts de production les plus faibles. Ces 120 élevages ont un coût de production moyen de 1,090 €/kg carcasse, une taille moyenne de 138 truies ; ils sont situés surtout dans le Grand Ouest et le Nord, ils sont un peu plus orientés vers la FAF que la moyenne nationale ; leur niveau de SAU par truie est relativement élevé (0,65 ha/truie). L’abaissement du coût par rapport à la moyenne nationale porte principalement sur le coût alimentaire et celui de la main-d’œuvre.

L’élaboration d’une typologie des élevages (par la méthode Kohonen), à partir des variables quantitatives choisies parmi celles disponibles dans l’échantillon, a abouti à caractériser 5 profils. Afin de les décrire de manière plus qualitative, un questionnaire a été soumis à des techniciens ayant une bonne connaissance des élevages retenus, inclus dans un sous-échantillon considéré comme représentatif. La rencontre de quelques éleveurs est venue compléter le recueil d’informations. L’analyse des résultats d’enquête et des 120 élevages a montré une diversité de voies suivies pour atteindre un faible coût de production.

L’un des profils présente des niveaux moyens de coût sur tous les postes par rapport à la moyenne des 120 et de bonnes performances techniques. Un autre affiche comme point-clé un très faible coût des aliments achetés ou fabriqués en sevrage-vente (avec un prix avantageux non seulement pour la FAF qui est plus souvent pratiquée mais également pour l’aliment du commerce). Un autre profil affiche comme point fort un coût de main-d’œuvre totale le plus faible grâce à une bonne productivité du travail mais à nuancer par une part du travail externalisée dans l’engraissement à façon. Un autre groupe d’élevages obtient le coût d’amortissement et frais financiers le plus faible, en raison de l’ancienneté des élevages, malgré une productivité des truies très faible. Enfin, un autre groupe présente les meilleurs résultats techniques parmi les 5, avec des outils récents.

La seconde partie de l’étude a permis de réactualiser les informations publiées antérieurement sur les situations moyennes aux États-Unis, en Espagne et en Pologne et ainsi de redéfinir la position relative des coûts français à ceux de ces bassins de production. La méthodologie employée, étant donné le manque voire l’absence de dispositifs nationaux de références technico-économiques, repose sur un faible nombre d’échantillons de tailles limitées d’une part et sur des avis d’experts et d’opérateurs économiques d’autre part. Il a été cependant possible de fournir une estimation de la situation moyenne dans ces trois pays. L’avantage de l’Espagne et des États-Unis est acquis malgré une moindre maîtrise technique, surtout grâce aux coûts plus faibles de facteurs de production (aliment, investissement, travail) et à des contraintes moindres de la société. Cet avantage semblerait s’atténuer. Dans les conditions actuelles, la production porcine en Pologne ne devrait pas constituer un compétiteur redoutable sur un marché européen élargi.

Enfin, la confrontation de points de vue d’experts et de scientifiques sur les voies majeures d’abaissement des coûts a permis d’étayer quelques hypothèses: de nouveaux progrès de technicité possibles (hyperprolificité, alourdissement des carcasses…), la diminution du prix de certains facteurs de production, l’optimisation des systèmes d’élevage. Cette démarche de réduction des coûts s’inscrit cependant dans un contexte mondial : des décisions prises dans le cadre de l’OMC peuvent être lourdes de conséquence au niveau des élevages. Enfin, cette démarche globale de réduction des coûts dans les élevages garde toute son acuité face aux adaptations qui se font jour en matière de bien-être, de sécurité sanitaire et d’environnement.

Au cours des 40 dernières années, la compétition entre bassins de production porcine en France, dans l’UE, dans le monde a eu tendance à s’accroître. Le prix du porc, déterminé par le marché, suit en tendance le coût de production. Mais la disparité toujours importante des coûts de production détermine des situations très différentes ; d’où l’intérêt d’identifier et de caractériser les élevages français à coûts faibles en situant le niveau et les conditions d’obtention de ces coûts. L’étude vise aussi à positionner le coût français par rapport à certains bassins de production à coûts réputés faibles: les États-Unis, l’Espagne et la Pologne ont été retenus. Enfin, elle vise à rechercher des voies d’abaissement des coûts.

L’importance des prélèvements sur les porcs commercialisés par les groupements dépend de la taille du groupement et de l’intensité de l’appui technique aux éleveurs. Les coûts de collecte et de transport des animaux sont proportionnels au nombre de kilomètres parcourus : ils varient du simple au triple entre les zones de forte et faible densité. De même, plus à l’aval, les frais d’abattage subissent, en zones de faible densité, le double handicap de la taille des abattoirs et de leur manque de spécialisation. Au total, le différentiel des coûts à l’aval du producteur (collecte et abattage) peut être situé autour de 0,30 F/kg de carcasse, avec de très grandes variations selon les situations locales. Mais, il s’agit là de premières estimations, destinées à être confirmées et analysées de plus près dans les différents bassins de production.

Des politiques de différenciation des produits sont encore peu développées et les résultats des élevages concernés (plus values et surcoûts) sont encore mal connus. Mais, les systèmes de collecte de références sont en place pour pouvoir les individualiser.

A l’avenir, le développement de la production ne dépendra pas seulement de la compétitivité, des capacités commerciales ou de la dynamique de filière, mais aussi de la possibilité d’installer ou d’agrandir des élevages, face à la problématique de l’environnement (gestion des effluents d’un côté, sensibilité de l’opinion publique de l’autre).