LES CAHIERS DE L'OFIVAL
LA FILIERE VEAU DE BOUCHERIE AUX PAYS-BAS
Etude réalisée par l'Institut de l'Elevage pour le compte de l'OFIVAL
Parue en juin 2003
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L'OFIVAL s'est engagé dans une réflexion sur l'avenir du secteur veau de boucherie qui joue un rôle de régulateur des filières lait et viande bovine en commandant un certain nombre de travaux d'analyse et de prospective sur cette filière en France mais aussi dans l'Union européenne.
Dans ce cadre, l'OFIVAL a confié à l'Institut de l'Elevage d'effectuer un diagnostic de la filière hollandaise à partir d'une enquête auprès de ses principaux acteurs pour identifier leur stratégie.
I - LES PAYS-BAS, SECOND PRODUCTEUR EUROPEEN DE VIANDE DE VEAU
II - UNE FILIERE INDUSTRIELLE TRES CONCENTREE
III - UN MODELE DE PRODUCTION INTENSIF
IV - UNE FILIERE TOURNEE VERS L'EXPORTATION
4. Effet de l'étiquetage sur les viandes bovines.
V - ATOUTS ET PERSPECTIVES DE LA FILIERE NEERLANDAISE
Depuis 1994, les Pays-Bas sont devenus le second producteur de veau de boucherie de l'Union européenne, derrière la France et devant l'Italie. Cependant, avec une consommation indigène très faible, 90% de la production est destinée à l'exportation. Les entreprises de la filière néerlandaise du veau de boucherie sont aussi très présentes dans la production en France et dans d'autres pays de l'Union. De sorte qu'elles contrôlent près de 40% de la production européenne.
Quels sont les ressorts et les caractéristiques du dynamisme remarquable dont font preuve les entreprises dans la production aux Pays-Bas et dans leur expansion dans les autres Etats-membres ? Quelles sont leurs perspectives dans un contexte national de limitation des productions animales intensives ? D'autant que les approvisionnements en veaux viennent en grande partie de l'extérieur et que les consommateurs européens sont de plus en plus attentifs aux indications d'origine des produits ? Avec l'appui financier de l'OFIVAL, c'est à ces questions qu'une enquête de terrain menée en 2002 a voulu répondre.
La concentration géographique de la production, la grande taille et la spécialisation des élevages, l'intégration verticale très poussée des différents métiers, -aliment, élevage, abattage-transformation-, sont les caractéristiques fondamentales de la filière veau de boucherie néerlandaise. Les opérateurs y sont peu nombreux, souvent spécialisés et totalement indépendants du secteur laitier. L'atout principal de cette filière est sa grande capacité d'adaptation. La variabilité des poids et des types d'animaux produits est une réponse aux attentes diverses du marché européen, même si cela peut être source de confusion pour la définition du produit. Elle sait aussi s'adapter aux contraintes réglementaires. Seuils de perception des primes, mise aux normes bien-être animal, normes environnementales ont été gérés sans heurts majeurs.
Avec le maintien, à peu près acquis, de son potentiel de production à l'issue de la mise aux normes, avec une gestion maîtrisée, mais coûteuse, des effluents, avec des disponibilités abondantes en veaux de huit jours au cœur du bassin laitier européen et accessibles malgré d'éventuelles restrictions en matière de transport, la production néerlandaise du veau de boucherie est en mesure de maintenir ses positions dans la production européenne.
Les difficultés peuvent provenir des contraintes d'étiquetage et de l'éloignement des lieux de consommation. Le risque sanitaire existe également du fait de la concentration de la production, comme l'a montré la crise de la fièvre aphteuse de 2001 et comme le montre début 2003 le problème de la peste aviaire.
Au-delà de repositionnements internes entre les entreprises, limités du fait du petit nombre d'opérateurs, la croissance des activités des entreprises néerlandaises du veau de boucherie passe forcément par la poursuite des investissements dans la production et la transformation en dehors des Pays-Bas, dans les pays consommateurs de viande de veau. En France, par exemple, les entreprises à capitaux néerlandais réalisent déjà environ le quart de la production nationale.